Deux chercheurs américains ont eu l’idée de s’emparer des données GPS des taxis new-yorkais afin d’optimiser la circulation en cas d’événements exceptionnels.

Les GPS des yellow cabs aident à la gestion intelligente du trafic

Les GPS embarqués dans les taxis new-yorkais entraînent une masse de données que les professeurs d’ingénierie Brian Donovan et Dan Work de l’université de l’Illinois ont eu l’idée d’exploiter à des fins de fluidification du trafic routier. Pour cela, ils ont analysé plus de 700 millions de courses pour déterminer d’abord les tendances en temps normal, avant d’étudier plus particulièrement les mouvements des taxis durant l’ouragan Sandy qui a frappé “Big Apple” en 2012.

Leur premier constat est que le plus gros du trafic n’a pas eu lieu avant et pendant l’ouragan mais après, lorsque les habitants ont voulu regagner leur foyer. En conséquence, les premiers secours se sont retrouvés coincés dans des embouteillages. Un handicap que peu avait constaté ou étudié pour le moment. Les recherches actuelles se bornaient à essayer de trouver un système d’évacuation efficient. Mais le retour apparaît tout aussi important. “Ce projet nous montre que la période immédiatement après une catastrophe doit être le point de mire de futures recherches avec l’objectif final d’améliorer la gestion des transports suivant un désastre.” explique Dan Work.

Tout le défi a consisté à étudier une si grande masse de données et surtout à se contenter des seules informations GPS pour analyser la capacité de New-York à gérer une catastrophe. Grâce à de nouveaux algorithmes les deux chercheurs ont créé un programme capable de saisir en temps réel les évolutions de la circulation dans la ville. Un outil précieux lors d’événements exceptionnels qui aiderait grandement les secours donc.

 

Jusqu’ici la gestion des transports new-yorkais se basait sur des capteurs qui ne rendaient pas compte de la vitesse ou de la densité du trafic. D’autant que le coût du programme des chercheurs américains est très faible : les GPS sont déjà installés dans la grande majorité des yellow cabs. Il n’y aurait donc pas d’infrastructure à mettre en place.

Cela dit la collecte des données de localisation des taxis n’est pas sans poser problème. Les systèmes comme Uber s’imposent rapidement à New-York et plus ils dépassent les taxis moins les informations de ces derniers seront représentatives du trafic. Il peut même être ardu pour l’université d’obtenir les données de ces entreprises privées dans un pays très attaché aux libertés privées.

Reste que leur programme semble efficace et se concentre sur un problème peu étudié : l’après-catastrophe et le retour des habitants. Une situation que les différents projets voulant saisir la circulation n’envisageaient pas jusqu’ici : que cela soit l’analyse des bruits atmosphériques ou des modèles statistiques. Les recherches semblent donc débuter autour de ce problème de l’après-désastre et Brian Donovan et Dan Work continuent promettant un papier complet pour début 2015.

Rédigé par Guillaume Scifo