Dissimuler des discussions publiques sur le site de micro-blogging en cryptant le traditionnel système de cryptage : voilà une solution envisagée, notamment dans des pays où la censure est forte.

Quand le hashtag devient vecteur de confidentialité sur Twitter

Pour référencer les discussions sur Twitter, les abonnés ont recours à un "hashtags", soit un mot de code précédé de # et qui permet de retrouver directement un message. Pour une équipe des universités de Rice et du Texas, il est important d'assurer une certaine confidentialité à ces discussions pourtant à l'origine publiques. Les chercheurs pensent évidemment en premier lieu aux pays où la censure est forte, et où il est facile de bloquer les discussions sur un réseau social. Du coup, ils ont inventé #hoot. Ce logiciel de cryptage, adoptant la même interface que Twitter, permettrait de contourner cette censure, favorisant ainsi la communication entre des groupes dans un univers répressif, comme lors du Printemps arabe par exemple.

Plusieurs niveaux de cryptage

Le système permet de créer des "hashes" à deux niveaux (court et long) pour remplacer les hashtags classiques et facilement identifiables. Si l'utilisateur ne dispose pas de la clef de cryptage, il ne verra que la version courte du hash, composée de 4 chiffres ou lettres en minuscule. L'avantage de cette technique, c'est que les 4 premiers caractères peuvent se confondre avec ceux d'autres hashtags, beaucoup plus consensuels. Le chef d'un groupe pourra ainsi mêler les inscriptions à ses tweets avec ceux d'un chanteur à succès, sans que cette opération ne soit détectée par une organisation gouvernementale. De l'extérieur, les membres du groupe seraient abonnés à un canal sans danger et leurs tweets se retrouveraient noyés dans la masse.

Des problèmes de mise en place encore à résoudre

Mais ce système de cryptage n'en est qu'à ses prémices. La question de l'apparition de ces hashtags modifiés sur les canaux Twitter classiques n'a pas été résolue. Pour qu'une telle interface puisse voir le jour, il faudrait soit une collaboration du réseau social pour crypter tous les tweets, soit l'utilisation d'un serveur proxy permettant de relayer les signaux du logiciel à Twitter. Ces deux options ne sont pas idéales. Pour la première, Twitter devrait accepter d'intégrer une fonction s'apparentant à des messages privés au sein de sa plate-forme totalement ouverte. En ce qui concerne la seconde, il serait alors beaucoup plus facile pour un gouvernement de bloquer le serveur proxy directement plutôt que d'effectuer des recherches ciblées sur les hashtags.