La firme Taïwanaise souhaite miser pour l'année à venir sur la connectivité en masse des objets. La standardisation des normes de connectivité reste toutefois une question plus délicate.

Pour HTC, 2012 sera l'année de l'Internet des objets

L’ère du connecting people se rompt, pour laisser place au connecting things (connecter les objet). C’est en tous les cas ce qu’à affirmé Fuchiang Chou, Manager du HTC Magic Labs*-le laboratoire de la firme qui se dit penser les usages du mobile de demain-lors du congrès European BIC Network de Toulon, dont l'Atelier était partenaire. Il explique que "L’industrie du mobile a dépensé beaucoup d’énergie à vouloir connecter les contenus pour les mettre à disposition des mobinautes, mais aujourd’hui, nous devons chercher à connecter les choses". Reste à savoir comment se développeront les dispositifs, et s’ils seront tant compatibles entre eux, que respectueux de la vie privée.

De l’impossibilité d’une standardisation

Selon Fuchiang Chou "les acteurs du secteur technologique ne sont pas prêts de créer de consortium pour réfléchir à une norme de puces acceptée par tous". Il explique en ce sens que cela découle du jeu de la concurrence. Toutefois certaines technologies comme le Bluetooth low energy risquent d’être favorisées. Cela notamment car étant peu énergivore, ce mode de connectivité représente aussi l’avantage d’être ouvert – donc ne fait pas l’objet de brevet – et bon marché. "Les partenaires des fabricants de mobiles ont donc également tout à gagner à développer des applications ouvertes, et même des systèmes d’exploitation en open source, afin que les produits puisse être compatibles avec tous les standards"  poursuit Fuchian Chu.

Vie privée : un vrai faux-problème ?

"Imaginez une seconde que dans cette salle de conférence, toutes les chaises soient dotées d’une puce autonome, qu’il n’est pas nécessaire de charger, et qui envoie des informations aux organisateurs du congrès" explique Fuchian Chu. Ces derniers pourraient ainsi par exemple avoir un aperçu global de l’occupation des sièges. En multipliant ainsi les objets connectés, des milliards de données seront donc en permanence échangées. Pour les industriels, ce sera d'ailleurs une aubaine. Selon l'Institut Télécom, le nombre de puces électroniques double tous les 18 à 24 mois, et d'ici 2013, le prix du Mégabit baissera jusqu'à atteindre un centime d'euro. Cependant, les milliards de données échangées poseront à nouveau la question de la vie privée. Mais pour Fuchiang Chu "Nous sommes dans une dynamique de transparence, la vie privée est donc une question qui concernera les personnes qui généreront les applications". Il explique de plus que pour l’utilisateur, les informations concernant la vie personnelle sont déjà sous la propriété de Facebook ou d’autres. "J’ai tout de même conscience que la question se posera plus sérieusement, et ce sera aux pouvoirs publics de trouver des réglementations adaptées", conclut-il.
 
* Mobility advancement group and innovation center Labs