Afin de restaurer sa profitabilité, IBM a décidé de restructurer son site de production de composants électroniques de Corbeil Essonnes. Son projet industriel, présenté vendredi aux partenaires soci...

Afin de restaurer sa profitabilité, IBM a décidé de restructurer son site de production de composants électroniques de Corbeil Essonnes. Son projet industriel, présenté vendredi aux partenaires sociaux, prévoit la création d'une société commune avec Siemens, de nouveaux investissements et une forte réduction des effectifs du site. Pour justifier ce plan, la société explique qu'elle veut assurer le maintien du site tout en lui permettant de jouer un rôle de "leader sur les technologies de pointe en micro-électronique". Ayant conclu un partenariat avec IBM en 1991, Siemens détiendra 50 % de la nouvelle société selon la lettre d'intention signée entre l'américain et Infineon Technologies, la nouvelle filiale de Siemens spécialisée dans les semi-conducteurs. Un accord définitif devant être conclu avant l'été prévoit notamment un investissement sur trois ans d'environ 3 milliards de F. Le site de Corbeil comprend actuellement trois lignes de fabrication dont deux, assurant la production de circuits logiques et de mémoires DRAM de première génération, sont parvenues "en fin de vie". Fabricant actuellement des mémoires DRAM de 64 mégabits, la troisième ligne (AMF) plus moderne, bénéficiera de nouveaux aménagements afin de produire des mémoires de 256 mégabits de nouvelle génération, avec une capacité, d'ici à la fin de l'année prochaine, de l'ordre de 8 000 tranches de silicium de 200 mm. Bernard Dufau, le PDG d'IBM France, précise "ce projet repose à la fois sur la double volonté de rendre cette activité compétitive et de faire bénéficier les deux membres de la coentreprise et le marché des technologies les plus récentes dans les domaines des composants". Le plan social accompagnant cette restructuration prévoit la suppression de près de 1 150 emplois sur les 2 700 que compte le site actuellement. Un programme de départ en préretraite devrait concerner 450 salariés environ âgés de 49 ans et plus. 340 autres salariés se verront proposer des mesures de reclassement dans les autres activités de la filiale. Des mesures d'indemnisation et "d'aide au départ" sont également prévues "si tout se passe bien comme nous le souhaitons, nous pensons pouvoir éviter les licenciements secs". Cette restructuration et ces suppressions d'emploi surviennent quelques jours à peine après l'annonce d'une forte hausse des bénéfices trimestriels d'IBM. (Le Figaro - 24-25/04 - Les Echos - La Tribune - 26/04/1999)