Le groupe informatique américain espère créer un nouveau monstre de puissance informatique, qui pourrait permettre d’avancer en matière d’intelligence artificielle.

IBM dévoile TrueNorth, un cerveau ultra-puissant de la taille d’une puce

Cela pourrait être, pour certains observateurs, la plus importante avancée informatique depuis les années 80. Le géant américain IBM a dévoilé au début du mois une nouvelle puce électronique, plus puissante et beaucoup moins consommatrice d’énergie. Baptisée TrueNorth, elle est bâtie autour d’une architecture s’inspirant du cerveau humain, avec des "neurones" et des "synapses" qui gèrent, respectivement, le calcul et la mémoire. Particularité: le composant associe des coeurs totalement indépendants les uns des autres et qui ne sont activés qu’en cas de besoin. Comme chez l’homme, où seule une partie du cerveau est utilisée à un moment précis. "Il s’agit d’une initiative majeure pour dépasser le paradigme de von Neumann qui a plané sur les architectures électroniques depuis plus d’un demi-siècle”, explique Dharmendra Modha, chef scientifique au sein d’IBM Research.

Créer des monstres de puissance

Cette nouvelle architecture permet de décupler la puissance de calcul du composant, capable d’effectuer 46 milliards d’opérations synaptiques par seconde et par watt, selon IBM. “C’est un super-ordinateur de la taille d’un timbre poste”, résume Dharmendra Modha. Autre avantage: une consommation électrique réduite. Quand les processeurs actuels consomment jusqu’à 140 watts pour faire tourner 1,4 milliard de transistors, TrueNorth n’a besoin que de 70 milliwatts pour 5,4 milliards de transistors. Cette amélioration devrait permettre de créer des monstres de puissance, avec des puces intégrant, à terme, 4 milliards de “neurones” et 1.000 milliards de “synapses”, contre un million de “neurones” et 256 millions de “synapses” pour le premier modèle présenté par IBM.

Un champs immense d’applications 

Ce super-ordinateur du futur resterait encore en retrait de la puissance du cerveau humain, qui compte jusqu’à 100 milliards de neurones et un million de milliards de synapses. Mais il pourrait permettre d’effectuer des avancées gigantesques dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le système serait capable de capter des informations sur le monde qui l’entoure pour agir de manière adaptée. “Imaginez des feux de circulation qui analyseraient les images, les sons et les odeurs pour détecter les intersections dangereuses et empêcher un désastre”, indique  Dharmendra Modha. Les champs potentiels d’application sont immenses. Pas étonnant que le projet intéresse de près l’armée américaine. Lancé en 2008, il est en partie financé par le DARPA, une agence gouvernementale dépendant du département de la Défense.

 
Rédigé par Jérôme Marin