Avec un modèle que l’on pourrait qualifier trivialement de B to B to C, des applications permettent au personnel soignant de présenter des contenus éducatifs spécifiques aux patients.

Illustrer le diagnostic au patient est désormais possible avec des applications

Alors que le marché des applications de bien-être tend à se développer et que, dans ce contexte, le médecin n’est plus seul à détenir l’information médicale, des applications  américaines comme Orca Health ou françaises comme Natom Viewer mettent à disposition des praticiens des contenus éducatifs spécifiques à la pathologie du patient. Plutôt que de solliciter plusieurs avis ou de naviguer sur des forums, le patient peut ainsi comprendre le diagnostic et le traitement grâce à une vulgarisation éclairée des maladies. A l’origine destinée au grand public, Orca Health a en fait été téléchargées à 70% par les professionnels de santé. Ainsi, la majorité des commentaires reçus provenait de ces mêmes praticiens. Spontanément, l’application a servi à ”éduquer les patients” selon Matt Berry, Président fondateur de l’application. C’est dans ce contexte que celui-ci a donc décidé d’éditer une série d'applications iPhone et iPad interactives.

Une application enrichissable par les commentaires de professionnels

La version professionnelle des applications permet donc de sélectionner des articles éducatifs spécifiques, des graphiques et images en 3D et les envoyer par e-mail à chaque patient ou à des confrères. Les médecins peuvent aussi annoter les images médicales des patients et les inclure dans une “trousse pédagogique”. Prescrire des applications mobiles, les utiliser à buts pédagogique sur les smartphones et tablettes, est effectivement utile” appuie Denise Silber, présidente de Basil Strategies et fondatrice des congrès Doctors 2.0 & You. En “prescrivant” désormais du matériel éducatif à leurs patients, les bêta-testeurs de la suite professionnelle auraient augmenté le taux de rétention des patients de 15%. La nouvelle version a donc été optimisée pour le nouveau système d’exploitation mobile d’Apple et est désormais la seule application cotée “Designed for iOS 7" sur Itunes. Le concurrent français Natom Viewer dispose également d’arguments puisque l’application est disponible en 11 langues et sera prochainement disponible sur Google Play. De plus, les utilisateurs peuvent enrichir l’application native “grâce à une banque de données ou en insérant leurs propres illustrations (radios, images issues de l’imagerie médicale) disponibles dans leur photothèque”, déclare Gerard Peccoux, PDG de Callimédia, société éditant l’application.

Une plateforme intégrée en Finlande et à associer au DMP

Une société suédo-finlandaise appelée Laastari a poussé le concept plus loin. Ils possèdent des cliniques "minute" où le patient est reçu, sans rendez-vous, par des professionnels de santé qui utilisent l'iPad non seulement à but didactique mais aussi avec un dossier médical électronique. Cela sert également à avoir un contact avec le médecin à distance dans une application tout en un, explique Denise Silber. Une voie de développement effectivement identifiée par Matt Berry serait d’intégrer la plateforme aux dossiers de santé électroniques. Ce serait la demande la plus récurrente parvenant à la société. Si les Français semblent favorables à l’enrichissement du Dossier Médical Personnalisé, il est cependant à régler des problèmes de confidentialité et à obtenir des accords des autorités pour voir des contenus d’applications enrichir un dossier extrêmement confidentiel. “L’application est trop récente et nous n’avons pas encore contacté les autorités de santé pour leur présenter. Mais nous avons prévu de le faire” annonce Gerard Peccoux.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste