Un des emblèmes du peer-to-peer (P2P) vient de tomber... Razorback, le plus important serveur eMule/eDonkey au monde, vient d'être saisi par la police belge, alors que l'un de ses administrateurs...

Un des emblèmes du peer-to-peer (P2P) vient de tomber... Razorback, le plus important serveur eMule/eDonkey au monde, vient d'être saisi par la police belge, alors que l'un de ses administrateurs aurait été mis en garde à vue. Dans un communiqué, la MPAA (Motion Picture Association of America) se félicite qu'un terme ait été mis aux actions de ce serveur qui "représentait un véritable danger pour la société".
 
Sur eMule, le rôle premier d'un serveur n'est pas d'assurer la diffusion de fichiers, mais de mettre en relation les différents utilisateurs. Razorback était capable de gérer plus d'un million de personnes, et des dizaines de millions de fichiers transitaient via ces connexions.
 
 
La fin d'eMule ? Non. La mise à bas de Razorback est un acte fort, mais elle ne condamne absolument pas eMule, capable depuis plus de deux ans de fonctionner de façon décentralisée grâce à un protocole de mise en relation directe des utilisateurs nommé Kademlia. Contrairement à des services comme Napster dans lesquels tout repose sur un serveur maître, eMule est construit sur plusieurs dizaines de serveurs indépendants. Autrement dit, il n'y a pas une, mais cent têtes à couper.
 
En revanche, déplorent les partisans de Razorback, les capacités du serveur étaient largement utilisées pour faciliter la diffusion sur eMule de logiciels et d'œuvres numériques libres de droit.
 
Un risque pour les utilisateurs ? Non. Les données concernant les internautes connectées à Razorback étaient stockées dans la mémoire vive du serveur, indique le site Ratiatum, qui tient l'information d'une source proche de l'équipe Razorback. Autrement dit, une fois le serveur éteint, les informations disparaissent.
 
Ces événements interviennent alors que le gouvernement français vient de confirmer la prochaine reprise des débats sur le controversé projet de loi DADVSI à l'Assemblée, du 7 au 9 mars prochain.
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 22/02/2006)