La multiplication des informations s'avère être une opportunité de développement cruciale pour les entreprises du secteur culturel.

Industries culturelles : replacer le Big Data dans une perspective utilitaire

A l'occasion du Forum d'Avignon, nos collègues du secteur d'Analyse Stratégique de L'Atelier publient une étude intitulée Big Data : Big Culture, Le pouvoir grandissant de la data et ses perspectives pour l'économie de la culture, dans laquelle ceux-ci cherchent à replacer une analyse du Big Data dans le contexte réellement factuel et utilitaire, en réponse aux nombreuses inquiétudes et fantasmes générés par l'émergence de ce concept. En effet, le volume d'informations brutes offertes par le Big Data a pu faire craindre une obsolescence rapide des systèmes de fonctionnement classique, notamment auprès des industries culturelles. Or s'il y a bien apparition de nouveaux acteurs, la data n'induit pas tant une nouvelle structure de travail qu'une évolution des modèles existants. Évolution nécessaire toutefois afin de réussir à transformer cet amas d'information en valeur réelle pour le secteur culturel.

Redéfinir le Big Data

Comme l'explique Philippe Torres, Directeur Conseil et Stratégie numérique de L'Atelier, "Nous tendons vers un nouveau paradigme, c'est à dire que la Data va être de plus en plus utilisée pour prendre des décisions qui étaient jusque là du ressort d'opérateurs humains, l'entreprise va être fortement impactée dans son orientation par les données mesurées." Le changement réel auquel a donné naissance le Big Data tient plutôt à l'apparition de grands acteurs incontournables, ceux que l'étude définit comme les "dragons du digital", à savoir Google ou Facebook par exemple, touchant à eux deux 50% de l’audience du web et qui seront modèles ou partenaires obligatoires des industries culturelles. On a ainsi vu dans le cas de Facebook puis Google+ l’adoption de fait d’une forme de publicité utilisant directement les informations des utilisateurs, du moins leur nom, dans la captation des potentiels clients. Initiative lancée par Facebook, celle-ci s’est vu reprendre au vu de son efficacité par un autre dragon digital. De même, ces positions dominantes s’incarnent par exemple dans la gestion par Google du système d’exploitation Android, présent sur près de 57% des smartphones au monde.

Créer de la valeur

Cependant de réelles opportunité de développement sont bien apparues, semble-t-il, au profit des entreprises du secteur culturel. En produisant une information non figée, interactive et interagissante, le Big Data offre la possibilité d'une convergence entre les secteurs. "Nous proposons que chaque acteur de la culture comprenne la valeur de la data produite par leur activité pour permettre d'identifier le ou les partenaires naturels, notamment pour la culture le secteur du tourisme." précise Philippe Torres. En facilitant la liaison entre différents types de data, ces secteurs seraient ainsi à même de proposer une offre plus complète, mais aussi plus structurée pour le consommateur. C'est ainsi dans la Smart City, la ville connectée, que s'incarne selon l'étude au mieux cette dynamique de convergence créatrice de valeur, à l’image de ce qui a déjà été mis en place en Espagne avec le projet Smart Santander. En permettant des politiques de développement structurelles, celle-ci permet de faire émerger des synergies entre secteurs, d'autant plus bénéfique pour l'industrie culturelle que celle-ci est intimement liée à la majorité des aspects et enjeux de la société.

 
Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste