A contre-courant d’une expérience monopolisée par le digital, une équipe de chercheurs du MIT a mis au point une technologie de modélisation physique.

inForm matérialise les objets et mouvements 3D

Dans un projet de recherche dévoilé cette semaine, le Media Lab du Mit réinvente les interfaces(UIs) en ajoutant une dimension physique aux interactions à distance. Mis au point par des chercheurs du groupe Radical Atoms visant à développer des matériaux dynamiques pouvant être reconfigurés par un contrôle digital, inForm permet de contrôler et d’informer de la matière sans contact. En s’inspirant de la technologie Kinect de Microsoft l’équipe de chercheurs a mis au point une surface modulable et contrôlée par une imagerie 3D. Cette avancée technologique pourrait indiquer que les interfaces du futur ne seront pas uniquement constituées de pixels mais évolueront dans  un espace complet, temporel et physique.

Une transcription physique de données 3D

Les chercheurs du Media Lab du MIT ont combiné plusieurs technologies existantes afin de donner vie à des objets et mouvements captés par un ordinateur. Près de 900 actionneurs mobiles forment une planche s’adaptant aux mouvements enregistrés par la technologie Kinect de Microsoft. Deux capteurs seulement sont nécessaires pour matérialiser cette expérience, un premier est monté à distance et enregistre l’activité du cobaye, par exemple un utilisateur consultant un livre, ce capteur placé au plafond enregistre la profondeur de l’action ainsi que des images 2D en couleur des mains et des objets manipulés. Ces données sont ensuite transmises à un réseau qui les redistribue à la plateforme inForm et reconstitue ainsi physiquement les images envoyées. Une seconde caméra Kinect enregistre les mouvements du plateau pour permettre à l’utilisateur de suivre en direct l’évolution de ses mouvements. inForm qui se présente sous la forme d’une table-console malléable à l’infini présente encore des coûts trop importants pour imaginer une commercialisation immédiate mais sa technologie de cœur présente des avantages pouvant affecter de nombreuses industries et services.

Vers une redéfinition des interfaces ?

Au delà des simples applications ludiques, inForm présente des potentialités pour de nouvelles interfaces, allant contre le sens de l’Histoire digitale prônant jusqu’à présent des usages de plus en plus dématérialisés. Selon Daniel Leithinger, l’un des responsables du Tangible Media Group le laboratoire à l’origine de ce projet, cette dématérialisation accélérée pose de nombreux problèmes notamment dans le processus de design et développement d’objets physiques. En effet les objets aujourd’hui comme les smartphones se content d’imiter ou simuler des opérations(décrocher, actionner une poignée, diriger un volant) sans les proposer physiquement. Or les humains ont évolué grâce à une interaction tactile avec leur environnement, « avec cette généralisation des écrans, nous perdons cette faculté qui nous guide et nous limite ». inForm permettrait de mettre au point une nouvelle génération d’interfaces supermorphiques matérialisant des affordances selon les besoins spécifiques et changeants des utilisateurs. Par exemple le laboratoire collabore déjà avec Changing Places pour permettre aux urbanistes et architectes de mieux visualiser et partager leurs projets.

 
Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste