Prendre exemple sur les systèmes nerveux humains autonomes, voire sur les insectes, permettra de créer des protocoles de réseaux plus performants.

Pour être plus intelligents, les réseaux devraient s'inspirer de la nature

« Réinventer Internet, ce serait se poser la question à un milliard de dollars » selon Antonio Liotta chercheur à l’Université technologique d’Eindhoven. Le constat est frappant : le trafic des données a été multiplié par 15 000 au cours des 15 dernières années et durant cette période, les internautes sont passés de 36 millions à deux milliards. Que faire donc, à l’heure de l’émergence de l’Internet des objets, des plates-formes dans les nuages et de la vidéo en streaming ? Pour lui, Internet est devenu plus complexe que le cerveau humain, mais le protocole utilisé est resté trop simple. Pour s’adapter, les réseaux devraient donc être davantage intelligents, autonomes. La solution ? Certainement dans la nature…

Des réseaux qui apprennent par eux-mêmes

Pour le chercheur, nous sommes prêts d’atteindre un point où ne nous pourrons plus maîtriser l’information. Pourtant, durant des millions d’années, des réseaux ont su évoluer, et les informations auraient appris à prendre des raccourcis pour atteindre leur destination. A l’exemple des protocoles d’autorégulation ou des réseaux autonomes tel le système neuronal, il serait possible d’imaginer la structure de réseaux numériques fonctionnant ainsi. Ces derniers pourraient par exemple se réparer et s’adapter en intégrant des processus d’apprentissage. Antonio Liotta propose également de créer des réseaux s’inspirant de la biologie, en analysant la manière dont la nature s’organise, par exemple sur les méthodes de navigation des abeilles, ou des fourmis.

Question insoluble ?

Sur la Toile, les biais sont nombreux : une donnée sur dix n’arriverait pas à destination et les spam constitueraient 80 % du trafic des emails. De plus, patienter quelques secondes lors de la visualisation d’une vidéo en streaming est irritant. La question n’est donc pas nouvelle, et le chercheur pas le premier à s’y pencher. A titre d’exemple, la Commission Européenne aurait alloué un demi-milliard d’euros pour répondre à cette question dans le cadre du septième programme-cadre.