De plus en plus de services en ligne monnayent les informations personnelles des individus. Si ces derniers arrivent à quantifier hypothétiquement la valeur de chacune d'entre elles, ils restent souvent hostiles au procédé.

Pour les internautes, les données sur l'identité valent plus que les autres

Les utilisateurs donnent une valeur spécifique à leurs informations personnelles lorsqu'ils se trouvent sur Internet. Des chercheurs de l'université de Columbia et de Telefonica Research ont mené une enquête auprès d'internautes espagnols quant à leur attitude et leur sentiment par rapport à la collecte et à la monétisation de certaines de leurs données confidentielles lorsqu'ils se servent de services gratuits en ligne (Google, Facebook...). L'étude se déroulait sur deux mois et consistait en l'installation d'un plugin dans le navigateur Firefox. Ce dernier enregistrait les actions effectuées par l'utilisateur (sites visités, fréquence, activités...) et faisait apparaître de temps à autre un pop-up leur demandant combien ils seraient prêts à monnayer telle ou telle information à des entreprises suivant le contexte (des photos sur Facebook par exemple). 

Conscients mais opposés à la monétisation des informations

Le pop-up était également accompagné de questions plus généralistes sur la connaissance des utilisateurs en matière de vie privée sur Internet. Les chercheurs ont constaté, sans surprise, que les internautes demandaient trois fois plus d'argent pour l'accès à des informations concernant leur identité réelle (âge, sexe, adresse, situation financière) que pour celles liées à leurs habitudes de navigation (25 euros contre 7 en moyenne). Ils attribuent également une valeur supérieure aux informations concernant des activités sociales ou financières à celles se rapportant aux sites d'achats en ligne ou d'actualité. Néanmoins, si les utilisateurs sont bien conscients que la majorité des services en ligne gratuits collectent leurs données personnelles, ils sont en général très opposés à leur revente.

Une méconnaissance de l'écosystème des services gratuits en ligne

Ils souhaiteraient en effet que ces informations servent à l'amélioration des sites sur lesquels ils naviguent quotidiennement. Cet état de fait provient, selon les chercheurs, d'une méconnaissance du fonctionnement de ces services de la part des internautes. Les utilisateurs ne se rendraient pas compte que Google, Facebook et consorts ont un coût d'entretien notable, notamment en datacenters ou en bande passante.