Wolfram Alpha a mis au point un service qui examine votre compte Facebook et génère un rapport d'analyse personnelle de vos données. Un système qui permet d'obtenir un véritable rapport de ses relations sociales.

Des internautes soucieux d'interpréter leur vie sociale en ligne ?

Dans la lignée de Friend Wheel, développé en 2007, et qui proposait d'obtenir des informations sur ses amis et les relations entre eux via des cercles de couleurs, Wolfram Alpha a mis au point un système qui permet d'obtenir des statistiques très précises sur soi et son cercle de proches. Cela, sous forme de rapport. Celui-ci, détaillé en plus d’une soixantaine de sections, présente tout d’abord le nombre d’amis par utilisateur par genre ainsi que leur répartition par pays en nombre et en pourcentage. En outre, cela est illustré par une carte afin d’avoir un aperçu visuel de leur localisation. Un graphique représente ensuite l’âge des amis. L’abscisse représentant les différents âges en année et les ordonnées le nombre d’amis. Ce système permet non seulement d’obtenir des informations sur les relations, mais également de découvrir des informations sur son propre profil telles que des statistiques sur les messages échangés.

Formation à  la lecture et à l’interprétation de ces informations

A quel besoin répond un service qui permet d'obtenir des informations sur son être social ? Selon Emmanuel Lazega, professeur en sociologie à Sciences-Po et membre du centre de sociologie des organisations, "aujourd’hui, on aide les individus à rationaliser la gestion de leur réseau. C’est-à-dire qu’on les individualise et qu’on leur demande d’être autonomes. Toutefois, on ne leur propose pas des outils pour mieux gérer leur profil sur ces réseaux". Reste que le système semble surtout utile à des fins professionnelles. Savoir gérer un réseau de relations avec beaucoup de liens faibles est à l’heure actuelle un avantage concurrentiel. "La rationalisation est liée à l’indépendantisation du marché du travail", ajoute-t-il. La connaissance du fonctionnement de ces réseaux peut permettre à des gens de gagner du temps. Cependant, une formation permettrait d’interpréter les valeurs de ce type d’informations et distinguer ce qui est utile de ce qui est dangereux.

Et la vie privée ?

En effet souligne Emmanuel Lazega, "on connaît mal les comportements des gens sur Facebook. Cette plateforme qui va atteindre près d’un milliard de profils est devenue tellement importante qu’on a l’impression de la connaître alors que ce n’est pas le cas". Il juge qu’il serait intéressant de voir les changements effectués sur les profils ou les relations après une formation à l’analyse de ces données. Le rapport Wolfram Alpha liste également la totalité des goûts (likes) et des commentaires, ainsi que la longueur moyenne des posts et la fréquence des mots employés. Ce système permet également de voir la répartition des noms des amis et de savoir avec qui l’individu partage le plus.