En Grèce, les candidats sont nombreux à enjoliver leur pedigree quand ils postulent. Des modifications de la réalité souvent détectées par les employeurs grâce au web.

Plus des deux tiers des employeurs grecs annoncent avoir repéré un mensonge sur les CV qu'ils reçoivent, annonce le site d'emploi hellène Kariera. Une situation qui n'est évidemment pas propre au pays. Dans l'Hexagone, ce ne seraient pas moins de 75 % des employeurs qui estiment que les candidats modifient la réalité sur leur CV, explique à L'Atelier Corinne Zerbib, journaliste et directrice du site d'information Jobetic. Et selon les recruteurs grecs, les mensonges les plus fréquents concernent les diplômes obtenus, l'embellissement des responsabilités, les compagnies pour lesquelles le candidat a travaillé et l'intitulé de son poste. Seul problème : avec Internet en première ligne, il devient de plus en plus facile de se renseigner sur le prétendant au poste. "Aujourd'hui, le recruteur a les moyens de vérifier les informations en quelques clics", rappelle la responsable de Jobetic. Et d'ajouter : "on a l'impression qu'Internet facilite le mensonge, que l'on peut trouver des moyens d'acheter de faux diplômes, par exemple, alors que c'est le contraire".
Etre clair et concis
Il suffit en effet de taper le nom du candidat afin d'obtenir des informations sur lui, sur des réseaux, des sites d'anciens élèves ou d'écoles, etc. "Même de légères améliorations peuvent du coup véhiculer une image négative du candidat", rappelle ainsi Theofilos Vasileiadis, directeur de Kariera. Selon l'étude, près de la moitié des recruteurs qui se rendent compte d'un mensonge met directement la candidature à la poubelle. D'où la nécessité d'être sincère tout en sachant se valoriser. Parmi les recommandations du site : être clair et concis, indiquer ses compétences en plus de son expérience, et d'utiliser des mots-clés, les solutions de traitement automatiques se multipliant. Un soin à apporter autant à un curriculum papier qu'à l'identité que l'on affiche de soi en ligne. Reste à savoir si le processus de recrutement traditionnel - lettre de motivation/CV puis entretien - est viable.
Les réseaux sociaux prennent-ils le pas sur le traditionnel CV ?
Ce, à un moment où les employeurs regardent de plus en plus attentivement du côté des réseaux sociaux - voire des mondes virtuels - pour trouver leurs futurs salariés. Pour Corinne Zerbib, la question ne se pose pas. Sur ces réseaux, justement, l'internaute indique son parcours comme sur un document papier. Quant à sa page Facebook, il peut lui donner l'aspect qu'il souhaite, afin de véhiculer une certaine image de lui-même à des éventuels recruteurs. Celle-ci faisant du coup office de curriculum. Enfin, précise la journaliste, "ce qu'il faut savoir c'est que, quel que soit l'outil qu'on utilise, le recruteur se fondera toujours sur ce document immuable qu'est le CV". Et de conclure : "Sur Second Life par exemple, les candidats habilités à discuter avec leurs éventuels employeurs avaient été préselectionnés sur CV. On leur a permis de construire un premier dialogue avec le recruteur, mais on conserve la tradition du CV béton".