A l'occasion de la Fête de l'Internet dont les dates coïncident avec le Salon du Livre qui ouvre ses portes ce soir, trente écrivains français dialogueront en direct avec leurs lecteurs sur le sit...

A l'occasion de la Fête de l'Internet dont les dates coïncident avec le Salon du Livre qui ouvre ses portes ce soir, trente écrivains français dialogueront en direct avec leurs lecteurs sur le site Internet de France Loisirs. Alors qu'il y a encore peu de temps, on se demandait si le livre serait concurrencé par Internet, aujourd'hui les éditeurs se demandent en quoi le Web va-t-il modifier la distribution de livres, la relation avec le lecteur ? Ces derniers mois, les acteurs de ce nouveau mode de distribution se sont multipliés. Des libraires traditionnels comme le Furet du Nord ou une multitude de start-up, occupant des marchés de niche (Chapitre Com distribue des livres anciens) ou inventant des concepts (00h00.com invite les internautes à télécharger intégralement des nouveautés ou des rééditions 30 % moins cher) sont venus rejoindre les géants de la distribution comme France Loisirs ou la Fnac. En février dernier, BOL a ouvert sa filiale française. De son côté, Amazon.com cherche à s'installer en France, après avoir pris pied en Allemagne et en Grande-Bretagne. Bien que le chiffre d'affaires réalisé sur le web soit encore modeste (entre 15 et 30 millions de F sur un total de 24 milliards de F), ce circuit connaît une forte croissance. Plusieurs points différencient l'économie des librairies en ligne du grand commerce traditionnel. Les librairies en ligne partent tout d'abord du besoin de chaque consommateur et lui proposent, comme Amazon.com, des ouvrages selon ses centres d'intérêt. Par ailleurs, ne rencontrant aucun problème de stockage limité, une librairie virtuelle peut donc avoir un nombre de titres disponibles plus important. Enfin, la chaîne de valeur est transformée. La rémunération de l'auteur, la fabrication du livre, la distribution proprement dite constituent le prix du livre. Un éditeur comme 00h00 par exemple délègue les coûts de fabrication au consommateur qui imprime lui-même les ouvrages. Jean-Pierre Arbon, son PDG explique "en lui laissant le soin de fixer le contenu sur un support physique, nous économisons les deux tiers des coûts d'édition d'un livre". Toutefois, le coût de la distribution représentant 30 à 40 % du prix d'un livre dans le commerce traditionnel n'est pas négligeable dans le commerce électronique. En effet, les sites doivent investir en informatique pour gérer les clients et les ouvrages, en marketing pour attirer de l'audience, et assurer la logistique et l'expédition. Va-t-on assister à une guerre du prix en langue française sur le Web ? les éditeurs avancent prudemment pour l'heure. Fabrice Cavarretta, le PDG de BOL France explique "nous négocions le même type de remises sur les quantités que les librairies traditionnelles". De plus, la loi Lang impose en France le prix unique du livre. Une librairie discount Proxis tente de la contourner depuis la Belgique. Même si son avantage en matière de prix est encore faible, elle ouvre une brèche dans les réglementations nationales. De jeunes entreprises tirant profit d'Internet proposent des livres sous forme de documents informatiques ou la réédition de fac-similés d'ouvrages du domaine public. Plusieurs entreprises, hormis la Fnac et BOL, investissent le marché de la distribution de livres sur Internet. Selon Claude Cherki, président des éditions du Seuil "le réseau favorise un commerce de niches". Amazon.com et Bertelsmann se partagent le marché mondial. Président de la Fnac, François-Henri Pinault affirme "il est plus cher de vendre sur Internet qu'en magasin". Les start-up de la génération Internet ont besoin de capitaux pour grandir vite. (Dossier de trois pages - 18/03/1999)