Pour sensibiliser les étudiants à l'innovation, les faire travailler en faisant appel aux idées externes et en partageant plus semble fonctionner. Mais toutes les méthodes ne seraient pas à favoriser.

Introduire le crowdsourcing en classe simplifie la maîtrise du management de l'innovation

Selon deux chercheurs de la Carnegie Mellon University et Northwestern University, le crowdsourcing peut être un outil important pour enseigner aux étudiants les tenants et les aboutissants de l'innovation. En effet, dans le cadre de leur recherche sur la manière dont les communautés en ligne peuvent affecter l'apprentissage des élèves et leur motivation en classe, les docteurs Steven Dow et Liz Gerber ont pu constater que l'intégration des médias sociaux et de sites de crowdsourcing dans les salles de classe aiderait les élèves à mieux identifier les besoins en produits et services de la population, générer de nouvelles idées et atténuer les barrières à la mise en pratique de ces idées. Mais toutes les techniques ne se valent pas.

Se référer aux communautés en ligne

Dans l'étude pilote, 50 étudiants – par groupes de trois ou quatre - ont fait appel au crowdsourcing pour traiter un dispositif innovant en particulier. Chaque membre de l’équipe devait individuellement collecter les informations nécessaires à l’examen de l’innovation puis rédiger un résumé mettant en avant les bons et mauvais aspects de cette dernière, ainsi que les axes d’amélioration envisageable. Pour cela, les élèves se sont appuyés sur des informations présentes sur des forums en ligne, tels que Reddit, qui ont été très utiles à la découverte des besoins non satisfaits. Mais les réseaux sociaux se sont révélés tout aussi efficace, en particulier, pour un groupe travaillant sur les transports en commun. D'ailleurs, cette technique a également aidé les étudiants à comprendre comment interroger des intervenants dans le cadre d'entretiens plus traditionnels.

Une solution trop proche de la réalité ?

Toutefois, les chercheurs dénotent un manque d'efficacité de certaines méthodes, tel que l'usage d'Amazon Mechanical Turk, qui gratifie ses utilisateurs pour des micro-tâches. Et si le crowdsourcing a été assez bien assimilé, le crowdfunding à l'inverse n'a pas été bien reçu par les étudiants. Ainsi, les chercheurs ont proposé aux étudiants de faire financer leurs idées via Kickstarter et IndieGogo. Or, seule une partie des étudiants de la classe souhaitait se tourner vers le crowdfunding. Les autres n’avaient pas l’intention d’aller plus loin dans leur projet et de passer au stade de la recherche de fonds. D'une manière étrange, ce malaise vis à vis du crowdfunding a validé l’hypothèse des chercheurs disant qu’introduire des communautés externes apporterait la réalité – presque trop grande - de pratiques d'innovation dans la salle de classe. La solution serait alors de proposer aux étudiants de préparer une campagne de crowdfunding, mais pas de la lancer.

 

Rédigé par Pauline Trassard
Journaliste