Même si l’écosystème entrepreneurial européen est encore fragile et naissant, de nouvelles sources de financement apparaissent et vont permettre aux start-up embryonnaires de sécuriser des tours de tables plus importants.

Les investissements dédiés aux start-ups s’accélèrent en Europe

Or Arbel, le fondateur de YO, une application développée en une poignée d’heures dont le but est simplement d’envoyer des "Yo" à ses amis, a bouclé un tour de table s’élevant à 1,5 millions de dollars seulement 2 mois après la création de son application pour smartphone. Initialement basée en Israël, la start-up a vite migré dans la Silicon Valley, eldorado pour s’offrir les services de VC (Venture Capitalists) afin d’accélérer son développement. En effet, que ce soient les investissements réalisés par les business angels ou les VC, les USA sont en tête, bien devant l’Europe. Selon une étude réalisée par BrightSun, le nombre de séries A réalisées en Europe était de 150 en 2013 avec un montant moyen de 3,5 millions de dollars, contre 700 séries A réalisées aux USA avec 4,5 millions de montant moyen. Mais les nouveaux investisseurs européens se développent, répondant à la naissance d’une nouvelle classe d’entrepreneurs très dynamique : le nombre de start-ups européennes ayant réussi une levée de fonds a augmenté de 600% en l’espace de 5 ans.

De nouvelles sources de financement

Et cette forte croissance est due à l’émergence de nouvelles sociétés de capital-risque en Europe, dédiées au financement de start-ups très jeunes ou en pleine croissance. On trouve des sociétés spécialisées en "early-stage" comme White Star Capital (qui s’occupe exclusivement des start-ups technologiques), Passion Capital ou encore Point Nine. Certaines se spécialisent donc aussi pour aider les entreprises à gérer une forte croissance et leur développement à l’international : Atomico et Highland Capital Europe s’occupent par exemple exclusivement des jeunes entreprises technologiques et disruptives. Ainsi, le nombre de financements de projets (hors séries A et B) a été multiplié par 6 en Europe de 2009 à 2013, et a atteint un peu plus de 900 financements en 2013. Outre les facteurs macro-économiques tels que des taxes attractives ou sociaux qui conduisent à un engouement pour l’entrepreneuriat, cette augmentation du financement de projets ou de développement de start-ups est dû à l’éclosion de nombreux accélérateurs de start-ups dans les grandes villes européennes. A titre d’exemple, l’accélérateur parisien "hors murs" TheFamily offre aux start-ups incubées "AIR" (Accord d’Investissement Rapide, sur le modèle de son équivalent américain "safe" mis en place par le YCombinator), qui permet aux investisseurs d’apporter un financement dans un délai très court, et sans se poser la question de la valorisation dans un premier temps.

La continuité des financements est encore fragile

L’écart des investissements entre l’Europe et les Etats-Unis est visible dès le premier stade, c’est à dire le financement du projet. En effet, la moyenne du montant investi aux Etats-Unis a doublé entre 2009 et 2014 pour atteindre 500 000 dollars, alors que sur la même période, cette moyenne décroît en Europe pour stagner à 150 000 euros. Cette baisse des investissements et cet écart est la cause d’une sous-valorisation des start-ups européennes par rapport aux start-ups américaines. Si le marché américain comporte certains avantages pour lancer un business, des start-ups européennes connaissent des croissances phénoménales, preuves de l’essor de l’écosystème entrepreneurial. Parmi celles-ci, on trouve SuperCell, Spotify, King ou encore BlaBlaCar. Même si depuis 2009 le nombre de séries A a doublé et leur montant moyen a augmenté de 73%, seulement 6% des entreprises ayant été financées en phase de prédémarrage réussissent à boucler une série A, contre 12% aux US. Plus révélateur encore, seulement 1,5% de ces entreprises bouclent une série B, contre 4% aux US. Ce manque de continuité dans les financements est dû à la répartition temporelle des levées de fonds. Le temps entre la phase de "seeding" et la série A est très réduite en Europe par rapport aux Etats-Unis (respectivement 205 jours et 320 jours). Et, comme la moyenne du montant de ces financements est relativement peu élevée, les start-ups peinent à développer leur business, devant sans cesse se reconcentrer sur leurs levées de fonds.

 

Rédigé par Arthur de Villemandy