Pour être plus productifs, les pays de l'Union européenne ont tout intérêt à accélérer leurs investissements dans les technologies de l'information et de la communication.

Les investissements technologiques influeront sur la productivité européenne

Si l'Europe augmentait ses investissements dans les technologies de l'information et de la communication, ce sont plusieurs centaines de milliards d'euros supplémentaires qu'elle pourrait espérer ajouter au PIB de la zone. Cela, via une croissance plus rapide de la productivité. Ce postulat est proposé par AT&T, qui a commissionné une étude auprès d'Oxford Economics. Et selon cette dernière, ce sont 760 milliards d'euros qui pourraient être escomptés en 2020, si l'Europe égalait le taux d'investissement technologique généré par les Etats-Unis à cette époque. "La productivité est la pierre angulaire de la croissance économique", rappelle Andrew Edison, vice président de la région EMEA pour AT&T. "Il est évident qu'investir dans les technologies rendrait les entreprises européennes plus productives et compétitives".

Le rôle clé des gouvernements

Cela, notamment afin de ne pas se faire rattraper par les marchés émergents qui adoptent rapidement les technologies. Pour y parvenir, l'étude rappelle le rôle du gouvernement, en soulignant que ce dernier influence directement l'efficacité des investissements technologiques et ses bénéfices sur la productivité. C'est pourquoi elle encourage les preneurs de décisions à mettre le sujet en bonne place de l'agenda économique. "Les gouvernements doivent créer les conditions favorables à l'investissement. Cela signifie améliorer les infrastructures, proposer un marché du travail plus flexible et une meilleure formation aux technologies", souligne Fabio Colasanti, président de l'Institut international des communications et cité par le rapport.

Harmoniser les lois autour de la protection des données

Autre mesure clé conseillée : celle d'harmoniser les lois autour de la protection des données au sein de l'Union, de revoir les régulations qui concernent le partage de ces mêmes données, et d'actualiser en permanence les politiques adoptées pour qu'elles correspondent aux avancées technologiques. A noter, toujours selon le rapport, que le pourcentage du PIB représenté par les technologies est désormais de deux tiers par rapport à celui des Etats-Unis. Cela, après avoir été proche de la parité en 1991. Du coup, ce manque d'investissement aurait affecté la productivité, qui serait moitié moins importante que celle enregistrée outre-Atlantique depuis 2000.