Alors que l'investisseur américain moyen exécute une transaction par mois, une nouvelle race de boursicoteurs "les day traders" achète et vend 30, 40 voire 70 fois par jour. Souvent leurs va-et-vi...

Alors que l'investisseur américain moyen exécute une transaction par mois, une nouvelle race de boursicoteurs "les day traders" achète et vend 30, 40 voire 70 fois par jour. Souvent leurs va-et-vient portent sur la même valeur, de préférence un titre peu liquide, souffrant d'un grand différentiel entre son cours à l'achat et à la vente. En exploitant les imperfections du marché, ces "day traders" pensent pouvoir faire fortune. Grâce à la technologie Internet et la chute des prix des commissions, des amateurs peuvent utiliser ces techniques de spéculation pure employées par certains professionnels de Wall Street. Ces nouveaux spéculateurs ferment les positions ouvertes le jour même avant que ne retentisse la cloche marquant la clôture des marchés, d'où leur surnom de "day traders". Pour le patron de la SEC, Arthur Levitt, ce ne sont pas des investisseurs, mais des joueurs de casino. Bien qu'ils soient environ 100 000 dans tous les Etats-Unis, leurs transactions frénétiques font qu'ils représentent près de 25 % des volumes échangés sur le Nasdaq. Ayant accès directement aux réseaux électroniques où se confrontent l'offre et la demande des professionnels comme Instinet (Reuters), Island ou Bloomberg's Tradebook, le "day trader" voit s'afficher sur son écran les mêmes informations que les teneurs de marché sur les volumes, les prix et les offres d'achat et de vente de titres en instance d'exécution. Généralement, les "day traders" sont de jeunes cadres ayant abandonné leur emploi pour se consacrer pleinement à la spéculation. Selon les autorités, seuls 10 % d'entre eux parviennent à s'enrichir. (Le Figaro Economie - 7/06/1999)