Et si le virtuel pouvait soigner des blessures psychologiques bien réelles? C'est ce que souhaite faire l'Institute for Creative Technologies, le laboratoire de recherche de pointe de...

Et si le virtuel pouvait soigner des blessures psychologiques bien réelles? C'est ce que souhaite faire l'Institute for Creative Technologies, le laboratoire de recherche de pointe de l'université de Californie du sud, en partenariat avec l'Office of Naval Research. Des psychologues travaillant pour le laboratoire ont développé un programme virtuel inspiré du jeu vidéo Full Spectrum Warrior, qui replonge les soldats revenus d'Irak dans des situations violentes qu'ils ont dû affronter. But de la manœuvre : faire revivre à un soldat une expérience éprouvante pour l'aider à surmonter ses traumatismes.
 
Et pour remettre les militaires en situation, les psychologues ont pensé à tout: installé dans une cabine, le patient, qui porte des lunettes et un casque spéciaux, se retrouve propulsé dans un environnement virtuel très réaliste, complété de sons, de fumée, mais aussi d'odeurs, comme du caoutchouc brûlé ou des odeurs corporelles.
 
Selon le psychologue Skip Rizzo, l'un des créateurs du projet, "cette méthode n'est pas magique. Les patients doivent accomplir le travail difficile de décrire la situation à laquelle ils sont de nouveau confrontés, ce qu'ils ressentent et ce qu'ils sont capables de dire à ce sujet. L'environnement n'est qu'un plus. C'est retranscrire qui est la réelle thérapie".
 
Pour le moment, les chercheurs peuvent se féliciter d'avoir guéri une jeune Américaine qui avait été témoin de plusieurs scènes d'attaques suicides. Quatre autres patients montreraient de nets signes d'amélioration. Et selon Skip Rizzo dans un entretien pour MTV News, plusieurs autres centres seraient en train d'ouvrir leurs portes aux Etats-Unis.
 
La réalité virtuelle remplacera-t-elle les méthodes thérapeutiques traditionnelles? Pour les générations qui ont grandi au milieu des jeux vidéo, elle pourrait effectivement permettre d'accepter plus facilement la nécessité d'accomplir une thérapie. Une autre forme de catharsis finalement...
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 23/02/2007)