La mode du troc a bouleversé le marché chez les accros des jeux vidéo. Que ce soit Score Games, Stock Games, Flash Games, plus récemment Recycleware ..., les magasins spécialisés se sont tous préci...

La mode du troc a bouleversé le marché chez les accros des jeux vidéo. Que ce soit Score Games, Stock Games, Flash Games, plus récemment Recycleware ..., les magasins spécialisés se sont tous précipités pour exploiter le filon. Sur ce marché, se mêlent aussi bien petites boutiques aux pratiques commerciales peu transparentes et chaînes de magasins dotées de règles plus strictes. Constatant qu'une partie du marché leur échappe, les éditeurs de jeux commencent à s'inquiéter. Le premier à s'être lancé dès 1992, Score Games compte aujourd'hui près de 28 magasins pour la plupart situés en région parisienne, et devrait totaliser 40 boutiques d'ici à la fin de l'année. Le système est simple : la durée de vie commerciale d'un nouveau jeu étant d'environ quinze jours à un mois, les spécialistes de l'occasion peuvent s'offrir rapidement un catalogue de jeux important "il faut moins de dix jours pour qu'un jeu récent revienne au magasin". Cela s'explique par la prolifération de nouveautés que lancent chaque année Sony, Nintendo, Sega pour gagner des parts de marché. Plus le titre est récent, plus le magasin le rachète cher et plus le joueur peut espérer l'échanger contre une nouveauté. Les rotations sont très rapides. Alors que la population moyenne des joueurs consomme 3 ou 4 jeux par an, les 150 000 super accros que comptent la France en consomment 3 ou 4 par mois. Il est difficile d'évaluer avec précision ce marché de l'occasion, mais son potentiel de croissance suscite bien des convoitises. Les ventes de jeux vidéo ont rapporté en France en 1997 près de 3 milliards de F (35 % de plus que l'année précédente). Le chiffre d'affaires de Score Games est passé de 18 millions de F en 1992 à 250 millions en 1997. Les distributeurs spécialisés dans la vente du neuf commencent à se pencher sur ce marché de l'occasion. Si la FNAC n'en est encore qu'aux études préalables, Micromania a, pour sa part, ouvert son premier Recycleware à Paris en janvier 1997, suivi depuis de cinq autres (voir la revue de presse du 13/02). Tout en voulant minimiser le phénomène, le délégué général du Sell, Hervé Pasgrimaud reconnait que cela "porte préjudice aux fabricants en limitant le potentiel des ventes de jeux neufs et surtout en donnant une fausse idée du prix du produit". Le développement d'un jeu coûte en France, en moyenne, entre 5 et 7 millions de F, chiffre qui doit être multiplié par quatre aux Etats-Unis. Comme le souligne un responsable de Sony "les logiciels contribuent pour plus de 50 % aux bénéfices des fabricants qui ne vont pas risquer de laisser ce marché leur échapper". Aussi, même s'ils jurent que cela n'a rien à voir, les fabricants de consoles se sont mis à décliner des gammes de jeux à petits prix, comme Sony qui, six mois après la sortie de Tomb Raider II, relance la première version du jeu à .... 150 F. (Dossier de deux pages - Le Nouvel Economiste - 27/03/1998)