Claude Philipps, Program Director chez Atos Origin, est en charge du déploiement de l'infrastructure IT des J.O. de Turin qui se déroulent du 10 au 26 février prochain. Cette mission n'a rien...

Les JO sous la flamme des TIC
Claude Philipps, Program Director chez Atos Origin, est en charge du déploiement de l'infrastructure IT des J.O. de Turin qui se déroulent du 10 au 26 février prochain. Cette mission n'a rien d'une gageure : il faut superviser les partenaires, prévenir les défaillances ou les attaques, et assurer le bon fonctionnement de l'ensemble des Jeux, de la logistique à la transmission des résultats. Explications...
Bonjour Claude Philipps. En quoi consiste la mission d'Atos Origin pour les J.O. de Turin ?
Notre objectif est de mettre la technologie au service des athlètes, de la presse et du public pour que les Jeux soient les plus réussis possibles. Nous sommes en charge de la supervision de l'ensemble de l'infrastructure IT. Partenaires et fournisseurs de matériels informatiques forment un consortium que nous gérons en partenariat avec le Comité organisateur.
Concrètement, de quoi s'agit-il ?
Nos équipes fournissent au comité organisateur toutes les applications critiques nécessaires au bon déroulement des jeux, notamment :
Une suite logicielle de type ERP dédiée à la gestion d'un événement d'une telle envergure permettant la bonne organisation des Jeux. Par exemple, nous avons mis au point l'outil dédié à la planification des transports, ou le système d'accréditation qui va permettre la gestion efficace et l'habilitation sécurisée d'un flux estimé à plus de 90 000 personnes : athlètes, médecins, équipes, journalistes, officiels, etc.
Tout le dispositif nécessaire à l'acquisition et à la diffusion des résultats en temps réel à tous nos clients et partenaires. Cela va des textes qui défilent sur les écrans de TV du monde entier (classements, statistiques, etc.) à la gestion des tableaux électroniques sur le lieu des épreuves en passant par les millions de pages qui doivent être distribuées aux journalistes du monde entier en quelques minutes. Sans oublier la diffusion sur Internet ou sur mobile, ainsi que le rafraîchissement, en moins de 0,3 seconde, des outils dont disposent les commentateurs pour toujours paraître si bien renseignés sur les athlètes !
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres et détailler le fonctionnement ?
Nous travaillons sur les Jeux de Turin depuis environ trois ans et demi . Il nous faut tout d'abord préparer le terrain auprès d'un comité organisateur pour qui ce sont les premiers Jeux, puis avec nos nouveaux partenaires.
Vient ensuite la phase "fonctionnelle", création et mise en oeuvre des applications, qui occupe plus de cent personnes à plein temps. Une fois les systèmes mis au point, nous nous consacrons aux tests : plus de 100 000 heures pour Turin afin de garantir le parfait fonctionnement de l'ensemble. Toutes les éventualités doivent être envisagées : coupures de courant, retards dus aux routes enneigées...
Enfin, durant les Jeux, il nous faut installer et administrer quelque 450 serveurs , près de 5000 ordinateurs et de 700 imprimantes, tout en encadrant et en gérant plus de 1200 professionnels de l'informatique. Une tâche particulièrement ardue lorsqu'il est nécessaire d'aller équiper une petite station enneigée à plus de 100 Km de Turin !
Quels sont les principaux enjeux de la gestion de ces jeux pour vous ?
La sécurité est bien sûr l'une de nos principales préoccupations : l'exceptionnelle visibilité des Jeux donne des idées à un certain nombre de pirates qui aimeraient bien montrer leurs talents. Par ailleurs, étant donnée la quantité de données confidentielles que nous sommes amenés à traiter, notamment pour les accréditations, nous devons nous montrer absolument intransigeants.
Pour nous, l'enjeu majeur reste la réussite des Jeux . Ils doivent se dérouler parfaitement sans que l'on ne nous remarque. Finalement, la technique réussit bien lorsqu'elle reste cachée ! Pour cela, nous sommes à la recherche de la moindre défaillance possible, jusqu'à la dernière minute. N'oublions pas que les JO constituent l'un des seuls projets IT dans lequel les échéances sont fixées à la minute près, sans la moindre possibilité de les décaler ou de surseoir !
Propos recueillis par Alexandre Laurent, pour l'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas - 07/12/05)