possible de détourner le trafic des demandes d'adresses, géré habituellement par un ordinateur du gouvernement. En charge de l'Internet Assigned Numbers Authority (IANA), Jon Postel est considéré ...

possible de détourner le trafic des demandes d'adresses, géré habituellement par un ordinateur du gouvernement. En charge de l'Internet Assigned Numbers Authority (IANA), Jon Postel est considéré comme le père du système d'adressage des sites sur Internet. Il veille notamment sur l'harmonisation d'un grand nombre de paramètres comme les protocoles, les noms de domaines, les adresses Internet ... Ainsi, lorsqu'un internaute, n'importe où dans le monde, demande une adresse, le logiciel de navigation envoie une requête pour obtenir l'adresse numérique correspondante. L'un des 12 ordinateurs répartis dans le monde, gérés par l'IANA, fournit alors cette adresse. Jon Postel a utilisé, mercredi 28 et vendredi 30 janvier, quelques uns de ces 12 ordinateurs pour court-circuiter la machine contrôlée par le gouvernement située à Herndon (Virginie) servant d'ordinateur central pour ce trafic. Si l'internaute moyen ne s'est aperçu d'aucun changement, la distribution d'adresses sur Internet a totalement échappé pendant deux jours au gouvernement américain. Tout en soulignant le caractère archaïque des structures actuelles du réseau mondial mettant entre les mains d'un seul homme une responsabilité énorme, le "détournement" de Jon Postel a mis en lumière une situation qui passe pour anarchique aux yeux des entreprises au moment où elles se lancent dans le commerce électronique. Préparant des réformes en mesure de les rassurer, l'administration Clinton a rendu publique, le vendredi 30 janvier, ses recommandations dans ce domaine. Son rapport, rédigé sous la direction d'Ira Magaziner, prône une sorte de "privatisation" de la gestion des adresses et des noms de domaines. A travers la Darpa, l'IANA travaille sous contrat du ministère américain de la Défense. Parallèlement, la National Science Foundation (NSF) a confié l'exclusivité de l'attribution de trois noms de domaines principaux (.com, .net et .org) à la société privée Network Solutions. Parmi les propositions d'Ira Magaziner, il est notamment prévu, pour reprendre en main la gestion des numéros assurée par l'IANA, la création d'une entreprise privée à but non lucratif, basée aux Etats-Unis. Quinze membres représentant équitablement les intérêts des différents acteurs d'Internet composeraient son conseil d'administration. Sept utilisateurs d'Internet siègeraient à ce conseil. Pendant les deux premières années, la mise en place de cette nouvelle structure serait placée sous la surveillance du gouvernement. Les bases de données de l'IANA et de son personnel seraient transférées, dès le 30 septembre prochain, au sein de cette nouvelle entité. Pour sa part, Jon Postel préconise, pour assurer la création des nouveaux noms de domaines la création d'un groupe international de dirigeants, issus de la communauté des techniciens d'Internet, ainsi qu'une rupture rapide de l'implication du gouvernement dans la gestion d'Internet. Le plan de l'administration Clinton se heurte au projet d'internationalisation conçu par l'OIT (organisation internationale des télécommunications) dont le siège est à Genève, qui tente de faire sortir, depuis plus d'un an, le centre de gravité de l'administration d'Internet hors des frontières des Etats-Unis. Selon le projet de l'OIT, sept nouveaux noms de domaines principaux seraient créés, la gestion de l'ensemble des adresses serait confiée à 28 entités réparties dans le monde entier. (Le Monde - 04/02/1998)