Le leader des opérateurs mobiles du Kenya lance un service de transactions bancaires à partir d'un téléphone portable pour rendre le transfert d'argent plus rapide et plus accessible...

Le leader des opérateurs mobiles du Kenya lance un service de transactions bancaires à partir d'un téléphone portable pour rendre le transfert d'argent plus rapide et plus accessible.
 

Comment améliorer les services de transfert d'argent dans un pays où 86% de la population y a recours? Safaricom, principal opérateur mobile au Kenya, souhaite apporter une réponse à ce problème et lance M-pesa, un système de transfert d'argent via un téléphone portable.
 
Un service économique et pratique
 
Ses utilisateurs, déjà au nombre de 65 000, peuvent envoyer et recevoir des sommes d'argent par SMS sur tout le territoire national. Les sommes reçues n'ont alors plus qu'à être retirées dans les magasins de téléphonie mobile. Celles-ci peuvent aller jusqu'à 35 000 shillings kenyans (525 dollars) par transaction. Et il est possible de conserver jusqu'à 50 000 shillings sur un compte virtuel pour une utilisation ultérieure.
 
Chaque opération est facturée 170 shillings (2,55 dollars). Soit bien moins que le tarif demandé couramment par les banques traditionnelles, et qui peut aller jusqu'à 10% du total de la somme transférée.
 
38% de la population n'a pas accès à une banque
 
Et cet atout économique n'est pas le seul facteur du succès de M-pesa. En effet, selon le Financial Sector Deepening Kenya (FSDK), un programme soutenu par la Banque mondiale, 38% de la population, en majorité celle qui peuple les campagnes, n'a pas accès à un service bancaire. Les familles concernées qui souhaitent envoyer de l'argent doivent alors passer par plusieurs intermédiaires, un système long et peu fiable.
 
Au contraire, plus de 50% des Kenyans possèdent ou ont accès à un téléphone portable, faisant de cet appareil un véritable canal d'accès aux services bancaires. "En un sens, nous apportons le service bancaire à ceux qui n'ont pas de banque", souligne Les Baillie, le responsable financier de Safaricom à l'AFP.
 
Autres avantages du dispositif: sa fiabilité - il est nécessaire de taper un code secret préalablement à tout transfert - et sa simplicité, contrairement aux banques, qui demandent de longues procédures.
 
Et il semble que les Kenyans plébiscitent le service: selon l'opérateur, plus de 1 000 nouveaux abonnés s'inscrivent chaque jour pour en profiter. Il devrait même être bientôt possible de proposer des transactions à l'international, notamment en Grande-Bretagne grâce à Vodafone, qui détient 35% du marché kenyan des télécommunications.
 

Mathilde Cristiani pour L'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas – 13/06/2007)