Désormais, un Français sur deux utilise un ordinateur contre moins d'un tiers en 1991. Selon une étude de l'Insee (Insee première, n° 651 - juin 1999) portant sur l'informatisation du travail, l'usa...

Désormais, un Français sur deux utilise un ordinateur contre moins d'un tiers en 1991. Selon une étude de l'Insee (Insee première, n° 651 - juin 1999) portant sur l'informatisation du travail, l'usage de l'ordinateur ne peut pas être considéré comme "banal", car il demeure en partie lié à l'exercice d'une activité professionnelle plutôt favorisée. L'utilisation d'un ordinateur relève d'abord d'une fonction d'encadrement quelle que soit la catégorie professionnelle, et ce, d'autant plus, que le recours à l'ordinateur est rare dans la catégorie concernée. Pour les ingénieurs et les techniciens, l'ordinateur est un outil commun. Les fonctions administratives et commerciales du privé sont également fortement informatisées. En revanche, les enseignants, les infirmiers ou les travailleurs sociaux utilisent nettement moins l'ordinateur dans le cadre professionnel. Seules, les fonctions qualifiées de manutention, du magasinage et du transport parmi les ouvriers font appel de manière significative à l'ordinateur. L'ordinateur est rarement présent dans les autres emplois techniques d'exécution même qualifiés. De fait, l'utilisation de l'informatique dessine une nouvelle "ligne de partage" au sein des catégories. Selon l'Insee, 42 % des ouvriers "informatisés" déclarent que leur travail consiste à répéter continuellement une même série de gestes ou d'opérations. Entraînant d'autres types de contraintes, l'informatisation des tâches ne doit pas, selon l'Insee, être considérée systématiquement comme une amélioration des conditions de travail. Enfin, jusqu'à aujourd'hui, le développement de l'outil informatique n'a pas entraîné un fort développement du travail à domicile ou du télétravail comme on avait pu l'annoncer il y a quelques années. (La Tribune - 4/06/1999)