Participer à des sites collaboratifs dédiés à la finance tendrait à pousser ses membres à prendre plus de risques dans leurs choix d'investissement

L'adhésion à une communauté accroîtrait la prise de risque financière ?

L'appartenance et la participation à une communauté en ligne entraîneraient dans certains cas, de la part des utilisateurs, une hausse des décisions financières à risques. C'est le constat effectué par des chercheurs des universités de Rice, Zürich et de Colombie Britannique après trois études différentes menées sur Prosper (site de prêt entre particuliers) et sur eBay. En analysant le comportement de 600 inscrits sur Prosper sur une période de 18 mois (entre avril 2006 et septembre 2007), les scientifiques se sont aperçus que les personnes appartenant à la communauté (et pouvant ainsi poster des messages sur le site) possédaient des portfolios de prêts plus risqués que les autres. Ils avaient également tendance à prêter plus facilement à des utilisateurs moins solvables et pouvant entrer en défaut de paiement.

Une impression de soutien illusoire

Un phénomène similaire a pu être observé chez 13,375 utilisateurs d'eBay en Allemagne. De janvier 2004 à octobre 2005, les consommateurs postant des messages sur les pages communautaires du site avaient une attitude beaucoup plus agressive que les non-participants. Ils enchérissaient beaucoup plus souvent sur chaque article et dépensaient plus d'argent sur les objets qu'ils avaient remportés. Enfin, une dernière étude menée auprès de 120 étudiants démontrait que les participants aux communautés en ligne avaient tendance à croire que celles-ci les soutiendraient en cas de crises ou de difficultés, provoquant ainsi une certaine désinhibition  financière. Plus les liens constitués étaient étroits, plus les risques pris augmentaient.

Une conscience collective pas forcément bonne conseillère

"Ces communautés sont différentes des réseaux sociaux comme Facebook. Les individus s'y trouvant sont souvent des étrangers dont l'identité est inconnue du consommateur. On pense à tort que quelqu'un nous viendra en aide alors qu'on est seul à subir les conséquences de nos actes", explique Uptal M. Dholakia, co-auteur du rapport. L'émergence d'une conscience collective de non-initiés dans le domaine financier, comme déjà évoqué dans un article précédent de L'Atelier, ne serait alors pas une très bonne chose lorsqu'elle n'est, au final, régulée par aucun spécialiste. Selon les chercheurs, ce modèle serait aussi applicable à des groupes de soutien en ligne dans les hôpitaux ou pour les adolescents, les amenant à prendre des décisions inconsidérées concernant des traitements par exemple.