La voiture autonome et connectée fait parler d'elle, mais à quand son adoption massive par les consommateurs ? Une étude McKinsey présente ses prédictions pour les 35 prochaines années.

L'adoption massive de la voiture autonome prévue pour 2050

2015 : l'heure n'est pas encore à l'adhésion généralisée des véhicules autonomes. Pourtant, l’engouement est bien présent. Elon Musk déclarait il y a plusieurs mois que d’ici 2020 Tesla développerait des voitures sans conducteurs, autonomes jusqu’à 90 %.

Et l'industrie est en train d'ouvrir doucement la voie. En effet, McKinsey prévoit que d'ici 5 ans ces types de véhicules couvriront des usages bien spécifiques, des actions répétitives par exemple, de l'agriculture, du secteur minier, de la logistique ou encore du BTP. En résultante, une productivité en flèche associée à des coûts de main d’œuvre et des émissions de CO2 réduits. Dès 2040, le transport routier serait également impacté selon le cabinet de conseil.

Les compagnies d'assurance et les constructeurs en transition

Avec l'arrivée d'un véhicule capable de se substituer aux choix de l'homme, les compagnies d'assurance vont sans nul doute être amenées à pivoter. McKinsey entrevoit un changement radical de business model dès 2025 : ce ne sont plus les millions de propriétaires de voitures qui seront les premiers clients des assureurs, mais bien les concepteurs des véhicules autonomes (fabricants d'équipements d'origine comme gestionnaires d'infrastructures). On passerait donc d'un modèle où les particuliers sont assurés pour se prévenir de risques liés à leurs erreurs à un modèle où les parties prenantes à l'élaboration de voitures connectées seront assurées pour se prévenir des risques techniques de ces mêmes voitures.

La chronologie de l'adoption de la voiture connectée d'ici à 2050

Chronologie de l'adoption par le grand public de la voiture autonome et connectée Source : McKinsey

Le service après-vente pourrait aussi évoluer à mesure de l'adhésion progressive à la voiture autonome et alors redessiner les cartes du marché. Les fabricants d'équipements d'origine pourraient en effet prendre la main sur la partie maintenance et réparation des véhicules. Rien qu’en 2014, environ 80 % des garages en Allemagne étaient des établissements indépendants des fabricants d'équipement d'origine. Selon McKinsey, étant donné l'importance de l'aspect sécuritaire et le degré d'évolution technologique, les consommateurs pourraient bien chercher à se rapprocher au plus près des équipementiers d'origine.

L'évolution de l'usage pour les propriétaires de voitures autonomes

Toujours selon l’étude, d'ici à 2050, la voiture autonome et connectée sera l'apanage de la majorité des consommateurs. Côté usage, les automobilistes pourront vaquer tranquillement à leurs occupations pendant le trajet, ce qui leur permettraient de gagner jusqu'à 50 minutes de temps libre supplémentaire par jour. À l'échelle mondiale, l'impact sur les revenues des médias en ligne, source d'occupation principale pendant les temps de transport, serait énorme selon le cabinet de conseil qui estime un potentiel d'augmentation du chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros par an pour ces médias.

La voiture de demain pourrait permettre de dégager du temps libre pour les conducteurs.

La voiture autonome pourrait permettre aux conducteurs de dégager jusqu'à 50 minutes de temps libre par jour 

Par ailleurs, si se garer deviendra un jeu d'enfant pour le conducteur, les voitures autonomes et connectées permettront de faire chuter le besoin en places de parking – 5,7 millions de m² aux États-Unis selon McKinsey.

Intelligente, le voiture connectée prend le pas là où l'homme peut parfois défaillir. Les accidents de la route devraient passer de la 2e à la 9e place du classement des causes de mortalité aux États-Unis.

Rédigé par Pauline Canteneur