Les villes africaines représentent un fort potentiel dans les années à venir en adoptant le concept de Smart City.

L'Afrique est prête à sauter le pas vers les smart cities

Face à des villes d’Occident comme Londres ou New York, les villes africaines pourraient significativement se démarquer dans les années à venir. En effet, en raison de l’émergence d’un grand nombre d’économies connaissant une croissance forte et rapide, l’Afrique est souvent prédite comme le prochain grand marché par les multinationales de nouvelles technologies. Or une étude menée par le cabinet Deloitte avance que la solution se trouverait dans le concept de Smart Cities. Mais pour cela, les villes africaines, avec une migration urbaine rapide de la population, doivent plus que jamais relever des défis tout particuliers résultant de plusieurs années de négligence au niveau des infrastructures pour innover et s’engager dans cette nouvelle voie.

Un potentiel structurel

Selon les résultats donnés, les villes africaines pourraient avoir une croissance exponentielle permettant d’entrer en compétition dès 2025 avec les villes matures d’Occident en adoptant les aspects fonctionnels, économiques et sociaux des Smart Cities. Mais cette mutation des villes devra s’opérer avec l’adoption de technologie de pointe, sans oublier d’étudier les leçons apprises sur les villes matures occidentales. L’étude rappelle en effet qu’une ville peut être définie comme "intelligente" dès lors que l’objectif de la ville est d’atteindre une qualité de vie accrue des citoyens (notamment à travers d’infrastructures de qualité) tout en étant compétitive au niveau national et international. Les villes africaines possèdent donc de nombreux avantages pour engager cette démarche. Pour commencer, les villes auront la possibilité de démarrer directement avec la dernière technologie disponible sur le marché et n’auront pas à assurer contrairement aux villes matures de transition, par exemple, de l’analogique à l’ADSL ou vers la 5G/LTE. Les entreprises pourront ainsi reposer sur des infrastructures de communication puissantes.

Un potentiel humain

Selon l’étude, les consommateurs africains veulent désormais avoir accès aux mêmes choses que les autres consommateurs à travers le monde : le choix de la nourriture, du logement, le divertissement, la connectivité et l'accès aux dernières tendances de la mode. En somme, l’Afrique est en voie vers la création d’une classe moyenne et comme le rappelle Mthuli Ncube, Vice-Président de la Banque africaine de développement "c'est la classe moyenne qui anime la demande dans une économie". Par ailleurs, face à un vieillissement de la population européenne, de plus en plus d’entreprises pourraient se tourner vers le marché africain composé de jeunes consommateurs. En effet, 62% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans. Cela pourrait représenter un pilote déterminant dans le lancement du continent. L’étude note également un point important qui est l’état d’esprit des jeunes africains ; ces derniers évoluant dans un environnement où tout est à construire et donc où tout est possible, ce qui peut fortement stimuler l’entrepreneuriat et l’esprit d’innovation. Enfin, la croissance du mobile en Afrique est la plus rapide dans le monde avec un taux de pénétration d'abonnement mobile de 72 % qui devrait atteindre 97% d’ici 2017, facteur d’accroissement de l’activité économique et de fait, du PIB.

Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste