Créé par la fondation Louise Blouin avec l'aide de Google, le site Link Project facilite la mise en relation des acteurs du développement en offrant un accès libre et gratuit à ses bases de données.

Google faisait déjà preuve de philanthropie avec Google.org. Le moteur propose désormais son expertise à des organismes à but non lucratif : il a participé au développement de l'outil de recherche Link Project, dédié au secteur humanitaire. Mis en place par la fondation Louise Blouin ce site d'information gratuit recense toutes les données publiquement accessibles à propos d'environ deux millions d'organisations philanthropiques et non gouvernementales, que ce soit dans le secteur de la santé, la pauvreté, l'éducation etc. "Cette innovation technologique devrait permettre aux divers acteurs du développement d'avoir une meilleure connaissance des projets analogues aux leurs dans telle ou telle région", déclare Louise Blouin. "Ils pourront ainsi développer des partenariats, éviter les doublons et accroître leur efficacité". Les données recensées seront les plus larges possibles : contacts, résumé du profil des organismes, recensement de leurs programmes, mesure de leur efficacité, paramètres financiers etc.
Favoriser la concertation et éviter les doublons
Toutes ces informations seront délivrées sous une forme standardisée permettant aux visiteurs du site de mieux s'y retrouver. Le Link Project compte ensuite sur les ONG elles-mêmes pour prendre en charge la mise à jour de leurs profils. Ces associations pourront notamment créer leurs propres liens en direction d'autres acteurs humanitaires apparentés, que ce soit par types d'initiatives ou zones géographiques. Le Bureau des Nations Unies pour les partenariats est censé battre le rappel de nombreuses agences humanitaires pour donner corps au projet. "Le lancement d'une nouvelle plate-forme d'information ne peut qu'être une bonne chose. Cela permet de créer des communautés virtuelles dont les acteurs, lorsqu'ils sont membres du secteur privé et de la société civile, sont difficiles à rassembler", déclare à L'Atelier Axel Plathe, chef du bureau exécutif du secteur de la communication et de l'information de l'UNESCO. 
Problèmes de culture et de ressources humaines
Ce dernier explique toutefois que l'optimisation du Link Project n'ira pas de soi. Citant l'exemple de Development Gateway, il rappelle que ce portail créé par la Banque Mondiale n'a permis de créer que peu de contacts réels. " Les outils technologiques mis à disposition des ONG ne sont pas suffisamment utilisés. Il y a là un problème de culture de travail mais aussi de ressources humaines : la mise à jour des données sur les sites prend du temps". De tels projets doivent enfin composer avec la susceptibilité des acteurs. Certains pourraient reprocher à Google sa monopolisation des contenus, comme l'Etat français le fait déjà avec la bibliothèque numérique du moteur de recherche. Rappelons que le réseau Devex favorise également la collaboration entre les professionnels de l'aide internationale en leur donnant accès à de très nombreuses informations sur le marché de l'humanitaire. L'inscription à ce site est cependant payante.