Wurtemberg (la "Wûrttembergische Versicherungsgruppe") semble ravi d'avoir été parmi les premiers à déléguer au télé-travail une partie des tâches de l'entreprise. C'est ainsi que l'on appelle ici l...

Wurtemberg (la "Wûrttembergische Versicherungsgruppe") semble ravi d'avoir été parmi les premiers à déléguer au télé-travail une partie des tâches de l'entreprise. C'est ainsi que l'on appelle ici le travail à domicile avec transmission informatisée. Alors que l'expérience a débuté à l'automne 1991 avec quatre salariés, elle s'est étendue à quinze autres début 1993 et continue depuis sa progression "Nos employés et leurs supérieurs sont satisfaits du télé-travail. Chez eux, les salariés peuvent se concentrer davantage sur leur tâche parce qu'ils ne sont pas dérangés par le téléphone de leurs collèges. Et l'entreprise est très contente du rendement du travail décentralisé". Après avoir tout d'abord pratiqué le "télé-travail en alternance" en conservant sa place à l'employé dans un bureau, la Württembergishe est passé depuis au "télé-travail intégral". Traitant les polices de nouveaux clients et dressant le bilan de dossiers anciens, ceux qui l'ont choisi sont pour la plupart salariés à mi-temps avec un horaire hebdomaire total de dix-neuf heures réparties à leur guise entre 7 et 19 heures, plage quotidienne de branchement de l'ordinateur central de la société. Un bureau, un siège de dactylo, un ordinateur avec modem plus un forfait de 150 marks (506 F) pour l'électricité et la transmission par téléphonie sont mis à leur disposition par l'entreprise "Ces salariés n'ont plus de poste dans l'entreprise. Mais ils viennent chaque semaine au siège pour se concerter avec nous, apporter des dossiers ou prendre des commandes. Ces visites sont importantes. Elles contrebalancent l'isolement". On évalue en Allemagne le nombre des télé-travailleurs à près de 150 000. Vers l'an 2000, leur nombre pourrait être porté à 800 000. Les entreprises à raison de cinq jours complets de travail par semaine et malgré des frais mensuels de téléphone pouvant dépasser 500 marks (1 685 F), réalisent un gain de productivité entre 10 et 50 %. 40 à 60 % des emplois pourraient être assurés de cette façon selon certaines études équivalent à quinze millions d'emplois en Allemagne. Cependant, le gouvernement reste prudent et estime, pour sa part, entre 5 et 10 % le pourcentage des trente-cinq millions d'emplois adaptables à la télématique. Dans le cadre du programme d'action "Info 2000 - l'Allemagne au seuil de la société de l'information", Bonn a lancé en 1996 "l'Initiative Télétravail". Un document reprenant tous les aspects techniques et comptables du télé-travail est distribué aux entreprises désireuses de s'informer. Le ministère de l'Economie préconisant le télé-travail "les entreprises y gagnent en productivité, en réduction des frais de base et en surface. Les salariés, en souplesse et maitrise de leurs horaires" a du reste mis au télé-travail une vingtaine de ses collaborateurs de tous les échelons, suivi depuis par d'autres administrations fédérales. (Le Figaro - 12/08/1997)