réactions. En voici quelques unes : Bonne affaire pour le prince al-Waleed qui détient depuis peu 5 % du capital d'Apple. Effectivement en réaction à la nomination d'un nouveau conseil d'administr...

réactions. En voici quelques unes : Bonne affaire pour le prince al-Waleed qui détient depuis peu 5 % du capital d'Apple. Effectivement en réaction à la nomination d'un nouveau conseil d'administration et d'un accord avec Microsoft, l'action Apple a ouvert hier sur le Nasdaq en hausse de 14 % à 29 dollars après avoir gagné déjà plus de 30 % la veille. Ayant acheté au mois de mars pour 115,4 millions de dollars d'actions Apple en deux blocs, le prince al-Waleed s'est renforcé en achetant deux blocs du 17 mars au 1er avril l'un de deux millions d'actions à 19,05 dollars et l'autre de 2,69 millions d'actions à 19,25 dollars. Bien que le cours soit reparti alors à la baisse, il a commencé à se redresser après le départ de Gilbert Amelio, le président d'Apple. Pour autant, alors que la composition d'un solide conseil d'administration a été très bien accueillie par les analystes, le financier Jerry York est tout particulièrement estimé à Wall Street, ils restent néanmoins préocupés sur l'avenir de la société, Steve Jobs ayant, en présentant les grandes lignes de la stratégie d'Apple "totalement omis de parler de Rhapsody", le système de nouvelle génération que le groupe doit introduire en 1998 ni des difficiles relations entre Apple et les constructeurs de clones. Pendant cinq ans, Microsoft s'est engagé à publier des versions de ses plus importants logiciels spécialement conçues pour Macintosh. (La Tribune - 08/08/1997)

Dans une interview à La Tribune, le Président de Be Inc, ancien numéro deux d'Apple, Jean-Louis Gassee fait part de ses réactions. Le rapprochement de Microsoft et d'Apple ne peut que ranimer l'enthousiasme des supporters d'Apple. Steve Jobs a d'énormes talents pour remotiver les gens et ramener la confiance. Microsoft pour sa part réalise "un coup très habile et d'une rare élégance". Etant le premier fournisseur d'applications logicielles pour Mac, il sécurise ses parts de marché et leur trace un avenir tout en donnant un coup de pied à Netscape. Ayant payé les actions il y a quelques jours à un prix nettement inférieur au prix actuel, Microsoft a déjà gagné près de la moitié de son investissement. Bien qu'il existe une apparente contradiction entre la présence de Larry Ellison, le PDG d'Oracle, ami personnel de Steve Jobs, et l'alliance avec Microsoft, ce dernier n'a agi que pour favoriser ses affaires. Bien sûr, on peut craindre que le monde de l'informatique ne devienne de plus en plus un monde tenu par Microsoft car Apple ne peut pas faire un système qui ne ferait plus tourner les applications de Microsoft, c'est "je te tiens, tu me tiens par les applications". A la question posée sur l'avenir de Rhapsody, Jean-Louis Gassée se contente pour l'instant de prendre note du silence enregistré mardi sur ce point. (La Tribune - 08/08/1997)

Pour "Libération", le grand perdant dans cette histoire ne peut être que Netscape. En quelques mois, Netscape en distribuant son navigateur gratuitement aux particuliers (seules les entreprises payent) s'était attribué près de 90 % d'un marché-clef pour la domination de l'Internet. Bien entendu, Microsoft avec son navigateur Internet Explorer n'a pas tardé à réagir devant ce quasi-monopole. Depuis un an, tous les acheteurs de PC vendus avec Windows 95 se retrouvaient d'emblée avec un navigateur estampillé Microsoft. Sur le marché mondial de l'informatique personnelle, les PC équipés de Windows représentent plus de 80 %, la part de Netscape s'est ainsi rapidement effondrée. L'annonce faite à Boston n'est donc qu'une digue symbolique qui saute. Admettant que "des échanges de technologies avec Microsoft, notamment dans le domaine de l'Internet" devraient favoriser le navigateur de Microsoft sur les Mac, Achille Béres, directeur du marketing d'Apple France reste prudent et rappelle que la dernière version du système d'exploitation Macintosh sortie le 22 juillet aux Etats-Unis est fournie avec le produit de Netscape en même temps que celui de Microsoft. Désormais plus des deux tiers du chiffre d'affaires de Netscape reposent sur les services aux entreprises et les logiciels professionnels. Après l'annonce faite hier, l'action de Netscape n'a pratiquement pas subie de baisse. (Libération - 08/08/1997)

Les interrogations restent nombreuses. Microsoft avec cette alliance a relancé les critiques sur sa volonté de domination de l'industrie informatique. On estime qu'il cherche, pour une somme relativement modique, à se mettre à l'abri des foudres de la commission antitrut qui serait susceptible de lui demander d'effectuer une scission entre ses activités de systèmes d'exploitation et de logiciels applicatifs. Au cours d'une conférence de presse, Bill Clinton a déclaré "J'attends du département de la Justice de savoir si cela a des implications antitrust". D'autres instances comme la Commission fédérale du Commerce vont devoir, par ailleurs, se prononcer sur l'opération. La question du devenir technologique qui avait fait d'Apple une société "différente" face à IBM puis à Microsoft et son allié Intel se pose à la suite des accords croisés d'échange de licences signés mercredi entre les deux sociétés et la possibilité d'accès à leurs brevets respectifs actuels et futurs. Apple risque en effet de ne pas pouvoir résister à la puissance de Microsoft. Si certains estiment que l'arrivée de Microsoft peut favoriser la nomination rapide d'un PDG, pour d'autres au contraire, il risque de ne pas y avoir beaucoup de candidats prêts à affronter un tel "board". Le nouveau PDG sera confronté à un choix difficile et devra donner la priorité au redressement des comptes de la firme pour satisfaire les actionnaires et la communauté financière. (Les Echos - Le Figaro - 08/08/1997)