Analyser en amont les comportements des individus et effectuer des simulations permet de mieux comprendre les déplacements en zone dense. Et donc de mieux concevoir en amont ces lieux destinés à accueillir beaucoup de monde.

L'aménagement de l'espace passe par la modélisation des mouvements de foule

Comment optimiser l'aménagement de lieux publics et améliorer les systèmes de sécurité afin d'éviter les mouvements de foule, se sont demandés des chercheurs du CNRSet de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Ils ont pour cela simulé des mouvements de foule qui résultent d'interactions entre les individus. Et ont proposé un modèle afin de mieux comprendre la dynamique d'une foule en déplacement et de développer des outils de planification des risques. Ce travail sera utile aux urbanistes lorsqu'ils veulent aménager des zones piétonnes dans le centre d'une ville, mais aussi aux ingénieurs pour la conception de stades, de salles de concerts ou de lieux publics susceptibles de rassembler beaucoup de personnes en un temps record.

Simuler un mouvement collectif

Le modèle qu'ils ont développé suggère qu'un piéton cherche toujours à minimiser l'encombrement de son champ visuel en se dirigeant vers les espaces libres qu'il perçoit. Ce, tout en ajustant sa vitesse afin de conserver une distance de sécurité par rapport à l'obstacle le plus proche. Les simulations numériques de ce modèle montrent que ces deux règles suffisent pour reproduire des comportements collectifs. A mesure que la densité de personnes augmente, leur travail permet de prédire l'émergence de phénomènes de vagues ou de turbulence qui conduisent à des bousculades collectives parfois meurtrières.

Optimiser l'espace

A noter qu'un tel système permettra aussi de faciliter l'installation de caméras de surveillance dans le cas d'événements qui mobilisent un nombre important d’individus. Mais aussi de donner la possibilité aux organisateurs desdits événements de sécuriser la zone et de déployer le personnel adéquat dans des espaces qui auront été identifiés lors de la simulation grâce à des logiciels s'appuyant sur le modèle développé. Selon les responsables du projet, le système permettra de prévenir les catastrophes comme ce fut le cas à la Mecque en 2006 qui avait fait plusieurs dizaines de morts.