Après le développement de la reconnaissance faciale, la recherche approfondit l’utilisation de la biométrie en créant un système de reconnaissance basé sur la silhouette d’un individu et sa façon de marcher.

L’analyse de la silhouette et la démarche d’un individu renforce les outils de biométrie

Ramon Mollineda, maître de conférences au Département Langages et Systèmes Informatiques à l'Université Jaume I, travaille actuellement sur le développement de cette nouvelle technique biométrique qui tient compte de la façon dont une personne marche et de sa silhouette. Cette technique offre des avantages significatifs telle que la reconnaissance du sujet à distance, et ce sans nécessiter une coopération de sa part. Détecter les comportements suspects (par vidéosurveillance), le contrôle d'accès aux bâtiments ou aux zones réglementées et l'analyse démographique d'une population en termes de sexe et tranche d'âge sont quelques-unes des applications possibles de cette technologie.

Détourner la limite de consentement de l’individu

Chaque individu a en fait une façon très personnelle de marcher. Et bien que celle-ci soit facilement modifiable par l’individu, certaines expériences dans lesquelles une personne doit reconnaître des personnes familières juste en regardant sa silhouette en mouvement obtiennent un taux de réussite très élevé. À partir d'une vidéo sur laquelle le sujet marche, le système mis au point distingue la silhouette située dans le fond et devient une suite de silhouettes, placées l'une sur l'autre, donnant une image de synthèse. Cette représentation finale stocke toute l'apparence physique et le mouvement de la personne qui marche, obtenant ainsi une marque unique pour chaque individu. L’intérêt de cette technologie réside dans le fait que les empreintes digitales et la reconnaissance faciale exigent que l'utilisateur soit à proximité du capteur et collabore dans le processus de reconnaissance, ce qu’il ne fait pas toujours. D'où l'importance de développer des techniques complémentaires qui permettent de détourner la limite du consentement de l’individu.

Associer cette technique à la reconnaissance faciale

Ramon Mollineda précise que, pour l'instant, en raison de la marge d'erreur que la reconnaissance par la démarche a dans certains scénarios, cette technique serait plus efficace si elle était combinée avec celle de reconnaissance faciale. En effet, ce sont des méthodes complémentaires: la façon dont un individu marche peut être détectée à distance et ne nécessite pas une image en haute résolution (cela peut se faire même à contre-jour et avec un mauvais éclairage), tandis que la reconnaissance du visage est réalisée en gros plan et avec une image en haute résolution. De cette façon, les enquêtes pourrait être effectuées dans un large éventail de conditions ou, si les deux méthodes peuvent être appliquées, les résultats concernant l'identité d'un individu pourraient être plus fiables grâce à des hypothèses générées par deux systèmes biométriques différents.

Rédigé par Pauline Trassard
Journaliste