En s’appuyant sur le potentiel des réseaux sociaux, les scientifiques collaborent avec des particuliers pour mener leur travail de recherche à grande échelle.

L’approche Citizen Science ouvre la recherche scientifique au grand public

Le Citizen Science, cette méthode qui vise à décloisonner la recherche traditionnelle en laboratoire et libérer les données récoltées après leur analyse connait un succès croissant aux Etats-Unis et constituait le thème d’une conférence réunissant plusieurs chercheurs californiens au Commonwealth club de San Francisco.Pour réconcilier grand public et démarche scientifique, des équipes de chercheurs font appel à des particuliers qui récoltent des données issues de leur environnement. Afin d’optimiser le potentiel des volontaires, les chercheurs s’appuient sur des réseaux sociaux dédiés mais maintiennent un contrôle permanent de la qualité des données récoltées. Cette approche prend une dimension civique aux Etats-Unis, récemment la Maison Blanche a ainsi choisi d’attribuer conjointement son Champion of Change Awards à 12 acteurs issus du mouvement Citizen Science.

Le crowdsourcing de recherches scientifiques

La Citizen Science reprend des pratiques issues du crowdsourcing déjà employées par de nombreuses industries pour améliorer en continu la qualité de leurs produits.Par exemple The Great Sunflower Project est l’un des premiers projets lancés à l’échelle nationale des Etats-Unis et vise à récolter des informations sur le processus de pollinisation, d’autres se concentrent sur des enjeux de santé publique comme American Gut en collaboration avec le Human Food Project qui vise à comprendre l’impact des bactéries sur la santé des américains.Ces nouvelles possibilités permettent de mener des expériences à grande échelle et à coût réduit, comme l’affirme Gretchen LeBuhn, professeure à l’origine du Great Sunflower Project: “Grâce aux citizen scientists il est tout à fait possible de récolter des données localement et à grande échelle.” Tout particulièrement dans le cadre d’études biologiques ou météroologiques, cette récolte de données locale fonctionne  à la manière des smart grids: comme un maillage intelligent et réactif faisant remonter en permanence de l’information mise à jour aux chercheurs.

Des réseaux sociaux dédiés

La Citizen Science replace les méthodes et le vocabulaire scientifiques parfois méconnus dans le quotidien des utilisateurs grâce à un engagement constant à travers des réseaux sociaux dédiés. Différents projets utilisent des réseaux traditionnels pour mobiliser de nouveaux volontaires, par exemple Meetup permettant de toucher des amateurs intéressés par une démarche scientifique déjà constitués en groupe ou d’autres géants (Twitter,Facebook etc). Mais les chercheurs collaborent également avec des développeurs pour rendre la conversation interactive voire ludique, Foldit qui explore les différentes combinaisons possibles de protéine, a développé une application sous forme de puzzle permettant aux joueurs de tenter de résoudre des combinaisons que les ordinateurs ne peuvent interpréter. Cette démarche enrichit également les volontaires, ceux-ci au terme d’un programme de collecte de données ont une meilleure apprehension de leur environnement et peuvent modifier leur quotidien en conséquence.

Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste