La maîtrise des nouvelles formes de communication et la création de services doivent être au cœur des préoccupations des spécialistes de la santé. Pour y parvenir, les entreprises du secteur doivent aller chercher la connaissance en dehors de leur écosystème.

L'avenir de l'industrie pharmaceutique est en dehors du médicament

L'ère "pharma 3.0" est proche. Mais qu'est- ce que c'est ? Des applications pour dispositifs nomades, des sites pédagogiques, des plateformes intégrant des techniques dites "sociales", des dispositifs sans-fil, des services d'aides au patient...En 2010, les investissements de l’industrie pharmaceutique dans les outils de communication modernes autour des programmes de santé ont augmenté de 78 %. Cela parait simple, s'ils veulent vraiment tirer partie de cette ère, les laboratoires pharmaceutiques doivent d'abord mettre à jour leurs modèles d’affaires et s’allier avec des acteurs non spécialisés au domaine médical.

Elargir sa portée pour s’adapter au système

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Ernst & Young auprès de onze des quinze plus grands laboratoires pharmaceutiques du monde. L’enjeu est de créer un pont avec d’autres modèles d’entreprises afin que les patients aient accès aux technologies d’information de santé via des applications, ou des sites dédiés à la santé. Aujourd’hui les laboratoires restent en effet à l’écart de ces interactions car le cadre réglementaire limite leurs relations avec les clients. En revanche, ces mutations suscitent l’inquiétude des principaux acteurs. Près de trois quart d’entre eux pensent que la stratégie d’entreprise et de transaction, le positionnement de l’offre et du marché seront plus difficiles à réaliser avec les nouvelles alliances.

Des opportunités à saisir

 « Même si le secteur a toujours été à la pointe de l’innovation, les gagnants de la Pharma 3.0 seront ceux qui sauront aborder l’innovation avec de nouvelles approches » estime Patrick Flochel, consultant chez Ernest & Young en charge du projet EMIEA et spécialiste des sciences de la vie. C’est ainsi que des sociétés de technologies de l’information et des télécommunications, mais aussi, des réseaux de distribution doivent rester des partenaires stratégiques. L’objectif commun est de faire avancer la connaissance médicale tout en améliorant la rentabilité financière. « L’innovation ne concerne plus seulement le produit, elle englobe désormais la manière dont vous faites des affaires, avec qui en faites, et comment vous mobilisez vos ressources dans l’intérêt du patient », conclue Patrick Flochel.