La lecture des empreintes digitales sur des écrans aux multiples utilisateurs pourront faciliter le travail collaboratif.

L’écran tactile, Fiberio, identifie ses utilisateurs par leurs empreintes digitales

La saisie des noms d’utilisateurs, des mots de passe est jusqu’ici considérée comme le dernier rempart de sécurité pour accéder aux écrans tactiles dans les endroits publics, comme les hôpitaux, les bars ou les salles de classe. Mais il est souvent difficile de savoir exactement qui s’est servi de l’appareil, pour faire quelle activité, à quel moment. Christian Holz et Patrick Baudisch, deux chercheurs de l'Institut Hasso Plattner à Potsdam, en Allemagne, se sont penchés sur cette question et ont mis au point Fiberio, une table intelligente dont l’écran tactile est capable d’identifier plusieurs utilisateurs par leurs empreintes digitales à chaque fois qu’ils interagissent avec l’appareil.

Réussir le challenge de longue date

Réaliser un écran capable de projeter de la lumière pour capturer une image tout en la réfléchissant simultanément afin de générer un scan d’empreinte digitale. Tel est le défi que tentent de soulever depuis longtemps les spécialistes du domaine de l’interaction homme-machine. Les précédentes tables intelligente à écran tactile ont dû intégrer des projecteurs, de la lumière infrarouge et des caméras en dessous de leurs écrans plastiques. Fiberio, quant à lui, a amélioré ce système à l’aide d’une plaque de fibres optiques de trois millimètres d’épaisseur. Ainsi, les extrémités extrêmement réfléchissantes de ces fibres permettent à une partie de la lumière infrarouge de réfléchir vers la caméra. Et lorsqu’elle arrive à la surface d’un doigt, elle génère moins de réflexion, créant des zones plus sombres. Cela a pour l’effet d’obtenir un contraste suffisant afin de déterminer les différences entre les crêtes et les vallées du doigt et offrir ainsi une empreinte digitale fiable.

Un large évantail d’application du système

« Garder la trace de ce qui est fait et par qui ouvre un large éventail de nouvelles applications dans les systèmes interactifs de collaboration » commente Holz. Un tel dispositif dans un hôpital, par exemple, pourrait offrir la possibilité aux patients de consulter leurs dossiers médicaux, aux médecins d’y apporter des modifications, aux infirmières de demander des médicaments, etc. Dans un environnement éducatif, les progrès de chaque élève pourraient être enregistrés et évalués dans les cas où les enseignants auraient du mal à connaître les contributions individuelles sur un ordinateur aux multiples utilisateurs. Les clients devant les distributeurs automatiques pourraient tout simplement toucher l’écran avant de retirer de l’argent. Afin d’élargir les champs d’application, Holz et ses collègues travaillent actuellement à adapter cette technologie aux appareils mobiles, le système n’étant fonctionnel que sur les tables intelligentes.

 
Rédigé par Ruolin Yang
Journaliste