Remplacer les enseignants par des robots et des algorithmes. L’idée séduit peu. Pourtant une chercheuse de l’université d’Edimbourg semble recommander une nouvelle approche de l’éducation basée en partie sur les machines.

L’éducation connectée doit-elle se déshumaniser pour engager les étudiants ?

« Tout professeur qui peut être remplacé par un robot doit l’être ! » L’affirmation en forme de provocation du professeur Arthur C. Clarke cité dans la nouvelle étude d’une chercheuse écossaise donne le ton de ses recherches. Selon elle, les machines doivent être reconsidérées dans leur rôle apporté à l’enseignement. Au point peut-être de remplacer les humains.

Pour en arriver à ce constat, Sian Bayne a mis au point avec des développeurs un enseignant virtuel, le « teacherbot » qui assiste les étudiants inscrits à un cours en ligne. La chercheuse et son équipe ont ensuite créé un hashtag sur Twitter, « #edcmooc », pour réunir les réactions, les informations et les questions des étudiants. Le robot était ainsi capable de répondre clairement aux demandes et même aux commentaires sur l’arrivée prochaine du week-end. À tel point que le « teacherbot » entre par moment dans de longs dialogues théoriques aves certains élèves sur Twitter. Une sorte de Siri de l’enseignement.

Un exemple de dialogue très théorique entre un étudiant et le robot-enseignant sur Twitter

À la suite de ce dialogue avec le robot-professeur, l’étudiant en question s’est empressé de décrire son expérience sur son blog : « Je n’ai pas l’impression d’avoir assisté à un cours ni d’avoir reçu un enseignement. Cependant je pense avoir appris quelque chose. J’ai certainement été encouragé à réfléchir. Après tout, n’est-ce pas ce que tout bon professeur doit viser ? ». Il s’agirait là du principal avantage du robot selon Sian Bayne : il était capable d’engager les étudiants dans une réflexion sur le rôle de l’enseignant et les préjugés « anti-machine » se sont vite estompés.

C’était d'ailleurs un des principaux objectifs de la chercheuse : repenser l’enseignement accompagné par les machines sans passions ni préjugés. Elle souligne en effet à quel point les recherches dans le domaine ont été pendant longtemps ralenties par un « humanisme obligatoire ». Dans une ère « post-anthropocentrique », Sian Bayne veut ouvrir le débat sur la présence des robots dans l’éducation. Malgré cela, l’attachement à l’humain dans l’enseignement du futur demeure très important dans les dernières recherches sur le sujet. Certains soulignaient même à quel point le sens de la communauté était indispensable

Rédigé par Guillaume Scifo