Après les montres et les lunettes intelligentes, les wearable devices commencent à se développer dans le textile. Encore faut-il trouver des matériaux assez flexible pour être portés!

L’électronique portable se dote d’atomes d’argent pour se démocratiser sur textile

La plupart des techniques actuelles de tissage utilisées pour la construction des wearable devices nécessitent le tissage des matériaux conducteurs à l’intérieur des tissus et offrent donc une flexibilité très limitée. Afin de remédier à cette difficulté, des scientifiques du National Physical Laboratory (NPL), ont mis au point un moyen d'imprimer de l'argent directement sur les fibres textiles, ouvrant ainsi de nombreuses possibilités dans le domaine des wearable devices. En effet, cette nouvelle technique pourrait permettre l'intégration de l'électronique dans tous les types de vêtements, offrant de nombreuses applications potentielles dans le sport, la santé, la médecine, l'électronique grand public et la mode.

Des fibres flexibles

La technique consiste à lier chimiquement une couche de nano-argent sur les fibres individuelles, d’une épaisseur de 20 nanomètres. La couche conductrice d'argent encapsule ainsi entièrement les fibres permettant une impression sur de nombreux types de tissus - y compris la laine, et qui pourrait également permettre à des circuits simples d’être imprimés directement sur des vêtements déjà assemblés. La technique a donc de nombreuses applications potentielles, notamment pour le développement de capteurs et antennes portables, qui pourraient être utilisées pour la surveillance. Par exemple pour le suivi des patients, la saisie des données et les informations par les soldats sur le terrain ou encore pour le suivi de la performance dans le sport. Cette technique offre des avantages particuliers dans l’approche du «tissage», puisque le motif conducteur et la flexibilité garantissent le fait que les capteurs soient toujours placés au même endroit sur le corps.

Une technologie aussi utilisable par le grand public

Cette technique d’impression pourrait également créer des opportunités dans la mode et la technologie de consommation de masse, en intégrant par exemple un éclairage LED dans les vêtements ou des écrans tactiles sur les manches de chemise. En outre, l'argent a des propriétés antibactériennes, qui ouvrent des possibilités pour des applications médicales comme les pansements, les masques, les lingettes anti-bactériennes durables ou encore des vêtements militaires. Ayant réussi à démontrer que la technique d'additif est viable dans le laboratoire, le NPL est maintenant à la recherche de financement ou de collaborateurs pour développer un circuit complet imprimé sur un textile.

Rédigé par Pauline Trassard
Journaliste