Artprice lancera prochainement une place de marché permettant de suivre une vente et d'enchérir virtuellement. Une initiative destinée à ouvrir ce mode de distribution à un plus grand nombre.

Sujet un temps polémique, les ventes aux enchères d’œuvres d’art deviennent une réalité en France : le site Artprice spécialisé dans l’information sur les cotations dans le marché de l’art lance sa place de marché en ligne le 18 janvier 2012. Le système a été mis en branle fin décembre dernier, avec les premières saisies de lots par les membres du site (œuvres d’art, objets design, antiquités). La liste des œuvres sera dévoilée le 9 janvier. Etant donné le secteur, le site n’est toutefois pas un site transactionnel traditionnel. Ses services sont payants et Artprice s’est associé à un spécialiste de la gestion de séquestre en ligne, Escrow.com (« séquestre » en anglais), qui garantit la sécurisation de la place de marché.



Moins de marchands d’art avec Internet



Christie’s, Sotheby’s ou Drouot permettent déjà de suivre une enchère réelle en direct et d’enchérir depuis son ordinateur. “Les ventes aux enchères demandent du temps”, souligne à L’Atelier Stéphanie Pioda, cofondatrice de l’IAD (l’Agenda international de l’art), “il faut aller à l’exposition qui précède pour repérer les objets, assister à la vente, attendre que le lot voulu passe. Internet s’adresse aux gens qui manquent de temps mais peuvent se connecter entre deux rendez-vous. C’est plus fluide, plus rapide”. Les mêmes avantages que pour d’autres domaines de transactions. Autre intérêt : élargir la cible. Le public des enchères classiques se compose essentiellement de marchands d’art ; Internet donne plus de place aux amateurs ou collectionneurs privés.



Estimations en ligne, attention



Il reste que des précautions propres au marché de l’art s’imposent. “Il faut la garantie que les objets vendus ont été expertisés par des gens sérieux et ont donné lieu à un certificat”, note Stéphanie Pioda. Important : multiplier les possibilités pour l’internaute d’examiner l’objet, sous tous les angles, en grossissant des éléments. “Sans compter que la 3D arrive et peut révolutionner les choses”. Pléthore de sites d’estimation en ligne existent déjà. “Il ne s’agit pas vraiment d’estimation mais d’évaluation, sans garantie, à partir de photographies”, prévient Stéphanie Pioda. “Dans ce genre de cas, la marge d’erreur est non négligeable ; on ne peut pas se contenter de photos”.

Rédigé par Arnaud Devillard
Journaliste