Si la plupart des modèles du genre sont encore expérimentaux et peu adaptés aux besoins du grand public, l’énergie électrique constitue une piste prometteuse pour l’avenir de l’aéronautique.

L’énergie solaire cherche à conquérir l’aéronautique

Les projets consacrés à l’automobile électrique se multiplient, certains flirtant avec l’énergie solaire. Beaucoup  d’entrepreneurs cherchent également à développer cette énergie pour un autre moyen de transport, l’avion, mais se heurtent à des obstacles de taille. En première ligne, le poids. Pour une masse équivalente, les batteries renferment bien moins d’énergie qu’un jerrican de carburant, un avion électrique transporte donc une charge plus lourde qu’un de ses homologues nourris au kérosène. Or, un avion plus lourd est plus gourmand en énergie… Si l’on rajoute un pilote, un cockpit et des passagers, l’engin risque de ne même pas pouvoir décoller. Les risques encourus ont également de quoi en refroidir plus d’un : une voiture électrique qui tombe en panne, c’est ennuyeux ; dans le cas d’un avion, cela peut s’avérer fatal. C’est pourquoi la plupart des expérimentations ont pour l’heure été réalisées avec des planeurs sans passagers. Mais au printemps dernier, deux pilotes Suisse ont accompli ce qui semblait impossible : traverser les Etats-Unis de part en part à bord d’un avion… fonctionnant entièrement à l’énergie solaire.

Voler grâce à l’énergie solaire, c’est possible !

Parti de San Francisco début mai,  le Solar Impulse Alpha s’est posé à Kennedy Airport, New York, deux mois plus tard, effectuant trois escales à Phoenix, Dallas et Washington. Un exploit rendu possible par les caractéristiques techniques exceptionnelles de l’avion, qui a demandé à Bertrand Piccard et André Borschberg,  les deux hommes qui se sont relayés dans le cockpit individuel tout au long de l’aventure, quatre ans de conception et deux de construction. D’une envergure identique à celle d’un Airbus A340, l’appareil ne pèse qu’un centième du poids de ce dernier. Il puise son énergie des panneaux photovoltaïques qui recouvrent ses ailes et la face supérieure de sa carlingue. Le surplus d’énergie récolté en journée est emmagasiné dans les batteries afin qu’il puisse voler de nuit. En 2012, en rejoignant le Maroc depuis l’Espagne, une autre version de l’appareil devenait le premier avion à énergie solaire à relier deux continents.  Ayant prouvé la viabilité du photovoltaïque pour le monde de l’aéronautique, le duo entend poursuivre ses expériences. Fin février prochain, ils s’envoleront d’Abu Dhabi pour tenter d’accomplir le premier tour du monde à bord d’un avion photovoltaïque. Au programme : 25 jours de vol répartis sur cinq mois, à une vitesse oscillant entre 50 et 100 km/h, avec une douzaine d’escale.

L'odyssée du Solar Impulse 2 en quelque chiffre, par l'AFP.

L’appareil n’est évidemment pas conçu pour être commercialisé. Toutefois, ces exploits ont fait des émules puisqu’en avril dernier, l’entreprise Solar Flight relayait sur son site internet la vidéo [vidéo] du tout premier vol d’un avion photovoltaïque embarquant un passager en plus du pilote. Conçu par une équipe d’ingénieur européen, l’appareil peut, une fois en altitude, voler le moteur éteint, comme un planeur.

 

 

L’électrique, énergie du futur ?

Aussi prometteuses que soient ces réalisations, elles demeurent bien éloignées des besoins du grand public, et l’on peine à imaginer un gros avion de ligne tournant entièrement à l’énergie solaire dans un futur proche. L’inspiration est sans doute plutôt à chercher du côté des modèles hybrides, comme le Sun Flyer, développé par l’entreprise Bye. Ce dernier fonctionne à l’aide de batteries électriques qui doivent être chargée sur secteur quand l’avion est au repos. En vol, les panneaux photovoltaïques dont il est équipé lui assurent une autonomie supplémentaire. Capable de voler deux heures en puisant uniquement dans ses batteries, il peut pousser jusqu’à trois ou quatre heures si le soleil est au rendez-vous. En outre, son hélice fonctionne comme un moulin à vent, apportant encore un peu d’énergie au moteur.  S’il s’agit d’un petit avion, l’entreprise affirme que d’ici cinq à dix ans, le modèle pourrait être appliqué à de plus gros appareils. Moins cher, moins bruyant, plus propre et nécessitant moins d’entretien que son alter ego fonctionnant au Kérosène, cet avion ne manque pas d’attraits susceptibles d’attirer entrepreneurs et investisseurs.
L’électrique est une piste qui suscite un intérêt croissant dans les transports. Dans le domaine automobile, bien sûr, avec entre autres la firme Ubitricity qui souhaite permettre aux usagers de recharger leur véhicule où ils le souhaitent. Mais aussi dans le domaine ferroviaire : il y a quelques années, en Belgique, un train a pu rouler à l’énergie solaire grâce à des panneaux installés sur un tunnel. Enfin, cette énergie est également riche en possibilité pour les moyens de transports individuels, comme le scooter ou la trottinette.

 

Rédigé par Guillaume Renouard