La question que tout le monde se pose: l’informatique de l’Etat pourra-t-elle être aussi efficace que celle des entreprises? La productivité administrative n’est plus un luxe et est en marche. En ef...

La question que tout le monde se pose: l’informatique de l’Etat pourra-t-elle être aussi efficace que celle des entreprises? La productivité administrative n’est plus un luxe et est en marche. En effet, Internet met désormais le “shopping informatif, fiscal, social et réglementaire” à la portée des PME, voire des travailleurs indépendants. Depuis le début de l’année, les rapports se sont succédés sur le sujet. Nous avons ainsi vu apparaître celui de Francis Lorentz en janvier sur le commerce électronique, celui en mars de Michel Yolin, président du conseil général des Mines sur Internet et les PME, celui en mai de Jean-Paul Baquiast sur Internet et la modernisation de l’Etat, puis celui du Conseil d’Etat sur les aspects sociaux et juridiques liés à Internet. Les ministères et de nombreuses administrations ont aussi ouvert leurs sites Web d’information. Certaines réalisations sont remarquables, comme le site de la direction générale des douanes et droits indirects. Bien sûr, ni l’information, ni les réseaux ne rendront l’administration transparente ni plus efficace. Multipliant les freins à la modernisation, le problème est à a fois culturel, social, politique et économique. Selon Jean-Paul Baquiast “l’informatique lourde dans l’administration est dotée d’un budget de 5 milliards de F par an. En revanche, on ne sait plus rien de l’état de la bureautique”, de plus, comme il le souligne, les sceptiques sont nombreux “les ordres corporatistes (experts comptables, juridiques et fiscaux) ont tout intérêt à bloquer la simplification de l’environnement réglementaire de l’entreprise pour conserver leur pré carré”. Internet remettant en cause les circuits de circulation de l’information et faisant voler en éclats les positions acquises des hiérarchies intermédiaires, les résistances étaient prévisibles. En attendant, l’Etat va plus vite qu’on ne l’aurait imaginé. Ainsi, le site du ministère des Finances publie les appels d’offres le concernant. Une trentaine de formulaires administratifs sont disponibles sur les sites Web de Bercy ainsi que sur celui d’associations parapubliques comme Admiroute et Adminet ou bien encore dans des clubs privés d’entreprises comme celui de Paribas (http://www.business-village.fr). Même s’il ne s’agit pas encore de dématérialisation des procédures, c’est un premier pas. Les technologies de l’information gagnent depuis un an les services de l’Etat et les organismes qui dépendent de lui, comme l’Urssaf. Le président du chapitre français d’Internet Society, Bruno Oudet a étudié le rôle joué par Internet dans les administrations de neuf pays. Les procédures plus simples et au coup par coup arrivent faisant le bonheur des PME. Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Emile Zuccarelli estime “un effort budgétaire plus significatif est envisageable”. Spécialiste des logiciels de communication pour micro-ordinateurs, BVRP profite de l’explosion d’Internet et d’Intranet. (Dossier de trois pages 29/10/1998)