En observant les déplacements récurrents des individus sur le site de localisation, il est possible de déterminer avec précision certaines habitudes qui régissent les mouvements humains.

L'étude de la mobilité humaine se fait tout aussi bien sur Foursquare

La popularisation de sites comme Foursquare, sur lesquels les internautes indiquent volontairement leur position géographique, a aussi pour avantage qu'elle facilite l'étude des mouvements humains. C'est ce qu'a fait une équipe issue des universités de Cambridge, de Namur et de Londres, qui a observé les habitudes de mobilité d'utilisateurs du site de localisation dans plusieurs grandes villes dans le monde. Et selon eux, pour comprendre ces dernières, il faut se référer à la densité d'une zone habitée, et non pas à la distance entre deux points. Les individus dont ils ont étudié les déplacements semblent en effet obéir à des logiques communes, quelle que soit la ville : une personne se déplace dans un but utilitaire non pas en fonction des distances, mais en fonction de ses besoins

L'intérêt plus que la distance

Selon les chercheurs, les études précédentes sur le sujet s'attardaient en général sur le lien entre la mobilité et la distance. Cette dernière pouvant entraver certains déplacements. Mais si l'on en croit les résultats de leur enquête, la distance couverte par un individu est déterminée par le nombre d'opportunités (d'endroits) comprises au sein d'un déplacement, et non par rapport à cette distance en soi-même. En analysant leurs données, ils ont ainsi vu qu'un modèle universel semble se dégager des villes étudiées - en Amérique du nord et du Sud, en Europe et en Asie - quand les mouvements sont analysés au travers de leur position les uns par rapport aux autres.

Affiner les systèmes de recommandation

Le nombre de déplacements et la distance entre ceux-ci est inversement proportionnel à la densité de la ville et des sites d'intérêts. Techniquement, entre mai et novembre 2010, les chercheurs ont étudié les 35 millions de "check-in" de plus de 900 000 personnes réalisés dans 5 millions d'endroits différents répartis dans 34 villes, en accordant une plus grande importance aux localisations consécutives au sein d'une même ville. Pourquoi mener une telle étude ? Parce que comprendre les raisons qui poussent une personne à aller d'un lieu à un autre vise évidemment à affiner les enquêtes d'urbanisme mais permettrait aussi d'améliorer les systèmes de recommandations géolocalisés.