Jusqu'ici la biométrie était utilisée pour sécuriser les accès de centrales nucléaires ou de bases militaires. Ses usages se multiplient aujourd'hui. Les besoins de sécurisation et de reconnaissanc...

Jusqu'ici la biométrie était utilisée pour sécuriser les accès de centrales nucléaires ou de bases militaires. Ses usages se multiplient aujourd'hui. Les besoins de sécurisation et de reconnaissance, vis-à-vis d'interlocuteurs ou de clients invisibles et dispersés se sont accrus avec l'informatisation rapide de la société et le développement des réseaux. Les codes d'accès, mots de passe ou numéros identifiants se sont ainsi multipliés, mais aucun chiffre n'est jamais absolument sûr. Pour remplacer les mots de passe, on teste actuellement l'iris, la forme du visage, la voix, l'odeur. Servant déjà de support pour sécuriser l'accès à des sites sensibles, l'iris de l'oeil est actuellement testé sur des automates bancaires et autres bornes interactives. Le système IrisDent est installé par une société américaine, Sensar, pour 4 000 dollars par automate. Si ce système procure un très haut degré de sécurité, plusieurs essais sont parfois nécessaires, le faisceau de lumière dans l'oeil peut être incommodant. L'empreinte digitale remplace déjà les mots de passe informatique, lors de l'accès à des locaux ou en cas de contrôle de l'identité de bénéficiaires de prestations sociales. Elle est testée aux frontières et dans les aéroports pour les contrôles. D'un coût très faible, elle n'est pas mobile et son image policière entraîne des réactions de rejet. Un kit prêt à l'emploi, le FingerShip, vient d'être lancé par TCS, filiale de Thomson CSF. Après les empreintes digitales, on passe à la géométrie de la main. Cette technique est opérationnelle dans les centres d'immigration des aéroports de New York, de Los Angeles, de Toronto, ainsi qu'à la centrale de Tchernobyl depuis 1996. Des banques, des supermarchés et des centres sociaux testent également cette technique. Pour différencier les individus, une série de dix paramètres enregistrés suffit, mais son aspect policier, comme pour l'empreinte digitale, est une cause de rejet. Testé en Europe, le système Vein Check est fondé sur la comparaison des veines du dos de la main. Une société américaine, Neurodynmacis s'est lancé dans la reconnaissance faciale. Le visage est numérisé en trois dimensions et comparé à une base de données. Ce type de technique utilise les "réseaux de neurones", ces systèmes d'intelligence artificielle qui imitent la logique cérébrale. Opérationnel dans des services bancaires, le système est testé pour la vérification d'identité dans des administrations. Discret, moins agressif que le rayon lumineux dans l'iris de l'oeil, son traitement exige néanmoins de puissants moyens informatiques. Une chaîne d'encaissement de chèques au Texas en a déjà équipé son réseau. D'autres pistes de recherche s'intéressent à d'autres caractéristiques de l'individu, moins visibles. La voix à l'avantage d'être identifiable à distance, grâce au téléphone. Cependant le timbre vocal est encore trop "parfait", l'identification peut être rendue difficile dans le cas d'un simple rhum. La "signature olfactive" a fait l'objet d'études, mais les capteurs capables d'analyser les odeurs sont encore trop peu sensibles. Il existe aussi la carte d'identité "bioélectronique". Ainsi VeriTouch développe une carte à puce sur laquelle est "scellée" l'empreinte digitale de l'usager, ainsi qu'un lecteur doté d'un scanner. Ce dispositif d'authentification peut être connecté à n'importe quel système informatique. D'ici cinq ans, le marché des systèmes d'identification en Europe, y compris numériques, devrait tripler et atteindre en 2001, 5,8 milliards de dollars (1,8 milliard en 1994). Bien que la part des procédés biométriques soit encore faible (prévision de 133 millions de dollars en 2001), elle devrait croître très rapidement avec notamment le perfectionnement des tests de fiabilité. C'est l'objet du projet européen Biotest, dont les partenaires français sont le Cnet et Morpho Systems. (Dossier de deux pages - l'Expansion - 11 au 24/09/1997)