L’activité des business angels connaît une croissance soutenue depuis ces derniers mois malgré les freins qui pénalisent durablement le montant des investissements, toujours très faibles par rapport aux capital-risqueurs.

L’incertitude législative pénalise la croissance des investissements d’angels

Le "baromètre des Business Angels" donne, deux fois l’an, les chiffres clés de l’activité d’investissement "early stage" par les groupes d’angels en France. Si la croissance des investissements est toujours là, elle reste faible à hauteur de 4% entre 2012 et 2013. Afin d’identifier les freins majeurs à l’augmentation du montant des investissements de la part des Business Angels, l’enquête a interrogé des groupes témoins. C’est l’incertitude réglementaire qui se place en tête des freins les plus importants, loin devant l’optimisation fiscale ou le moral morose de l’économie. Les angels, dans leur majorité selon l’étude, estiment que les montants investis pourraient augmenter de plus de 50% si ce seul frein à l’investissement était levé. L’inertie de l’incertitude fiscale sur l’activité des business angels n’empêche pas les demandes de financements d’augmenter d’années en années de la part des startups innovantes.

Les métriques apparaissent positives sur la décennie passée

En 2013, les chiffres donnent 82 réseaux indépendants affiliés à France Angels, avec 4292 investisseurs individuels recensés (soit +4% par rapport à 2012 et +160% par rapport à 2005). En 2013, 370 startups ont reçu un investissement sur près de 10 000 postulants. La comparaison avec les chiffres de 2005 montre que le taux de financement reste constant, autour de 4% des dossiers, quand le montant investi annuellement a presque triplé, passant de 16 millions en 2005 à 40 millions en 2013.  Il y a également une faible augmentation du montant de l’investissement en volume, de 40 à 41 millions d’euros entre 2012 et 2013. Pour mettre les chiffres en perspectives, le montant des fonds levés à l’été 2014 par les investisseurs traditionnels (Index Ventures, Accel Partners et quelques d’autres) est de 84 millions d’euros. Les business angels n’ont, en effet, pas la même prétention que les investisseurs institutionnels sur le marché de l’investissement à risque. Plus proches des startups, ils sont aussi les meilleurs témoins de l’atmosphère et du dynamisme de l’écosystème des startups.

L’humeur de 2014 est au pessimisme

L’enquête publiée s’attarde sur les chiffres du deuxième semestre 2013 et les projections pour l’année 2014. Les indicateurs sont globalement pessimistes selon les angels : une majorité d’entre eux estiment que la situation concernant les projets financés est plutôt en baisse. Les deux composantes principales de l’étude sont le nombre de projets financés et les montants investis. Si les indicateurs sont tous les deux au vert, les prévisions des business angels restent pessimistes et 27% d’entre eux ont des prévisions à la baisse pour l’année 2014. La moitié des groupes d’investisseurs constate une augmentation des projets proposés. Dans le même temps, les groupes de business angels s’attendent à voir progresser le nombre d’angels dans l’année. Si les prévisions des business angels sont importantes, c’est parce qu’ils sont au premier plan de la dynamique entrepreneuriale du pays. En effet, ceux-ci ont un rôle particulier en ce qu’ils émettent, en plus des fonds levés (132K en moyenne par startup en 2013) un signal positif qui aidera les startups à lancer des procédures de co-investissements, par exemple avec une banque régionale ou un investisseur traditionnel.

Rédigé par Simon Guigue