Président de la République fédérale allemande, Roman Herzog a réuni le 3 mai dernier les dirigeants des plus grandes entreprises du secteur des technologies de l'information afin de relancer le pr...

Président de la République fédérale allemande, Roman Herzog a réuni le 3 mai dernier les dirigeants des plus grandes entreprises du secteur des technologies de l'information afin de relancer le programme "Fit für Informationszeitalter" (prêts pour la société de l'information). Cette initiative, associant onze entreprises et des universités, était avant tout destinée à sensibiliser les Allemands à l'usage d'Internet. En effet, bien que le taux d'équipement des foyers connectés en PC soit supérieur à celui de la France (16 pour 1 000 habitants, contre 11 pour 1 000), performance due principalement au système de distribution offrant au consommateur des ordinateurs deux fois moins cher qu'en France, la révolution Internet n'a pas encore porté tous ses fruits du côté des entreprises, des administrations et du système éducatif. Aucune initiative n'a eu lieu en Allemagne, comme celle d'Al Gore aux Etats-Unis injectant des centaines de millions de dollars dans la connexion à haut débit entre universités depuis 1993 ou comme le plan Allègre d'équipement de tous les établissements scolaires en France en trois ans lancé fin 1997. Le président Herzog entend offrir une vitrine commune aux initiatives prises isolément par les entreprises. Jusqu'en juillet 2000, IBM et Siemens vont tous deux initier les enseignants : le premier a déjà formé 4 000 enseignants du Bade-Wurtemberg à l'usage d'Internet, le second 2 000 à celui des CD-Rom, c'est peu néanmoins par rapport aux 800 000 enseignants allemands. En 1996, Deutsche Telekom a, quand à lui, lancé le programme "Schulen an Netz" (Ecoles en réseau), offrant des connexions gratuites pendant deux ans aux établissements primaires et secondaires : 10 000 sur 43 000 en ont déjà bénéficié. Toutefois, comme l'affirme un observateur "le prix des communications est tel que beaucoup d'établissements coupent leur connexion au bout des deux années". Bien que des accords locaux aient également permis la connexion de 95 % des écoles dans les Länder de Bavière et de Bade-Wurtemberg, les Länders du Nord et de l'Est restent pour leur part sous-équipés. Toutefois pour que la généralisation et l'usage d'Internet soient acceptés par les entreprises comme par l'administration, l'Allemagne doit avant tout juguler l'inquiétude que suscite un réseau soupçonné de favoriser l'espionnage de chaque citoyen. (Le Monde Economie - 11/05/1999)