Le Sipperec et l’Association des Maires de l’Ile de France, l’AMIF, ont organisé le 11 mars dernier une conférence-débat autour d’un certain nombre de questions centrales ...

Le Sipperec et l’Association des Maires de l’Ile de France, l’AMIF, ont organisé le 11 mars dernier une conférence-débat autour d’un certain nombre de questions centrales : Qu’en est-il du développement du câble en France par rapport à l’étranger ? Quels seront les impacts des prochaines mutations technologiques ? Quel sera le rôle des collectivités territoriales dans la nouvelle réglementation des réseaux de communication ? Le câble a-t-il un avenir en France ? Selon Roland Montagne de l’IDATE, 65 % des foyers en France sont encore concernés par la diffusion hertzienne, 35,2 % des foyers sont raccordables au câble et 14 % y sont abonnés. Fin 2002, on comptait près de 300 000 abonnés câble modem. Le câble modem se positionne ainsi comme une technologie challenger de l’ADSL, stimulant de la concurrence sur le haut débit. Tous les intervenants ont insisté sur les atouts du câble : la seule boucle locale alternative au réseau de France Telecom et la première de par son importance. Le câble est pour eux bien plus qu’un service audiovisuel. C’est un véritable réseau multiservices avec une offre Internet concurrentielle proposant des applications et des services innovants. Le Sénateur du Rhône, René Trégouët, estime que le retard français hypothèque gravement l’avenir « dans une décennie, chacun aura besoin de plus de 100 à 200 Mbit/s et il convient d’investir aujourd’hui dans les technologies qui sont du siècle du photon » pour acheminer l’Internet de demain. La dernière directive européenne prenant en compte la convergence des technologies attribue le même cadre juridique au câble et aux réseaux de communication. La transposition de cette directive en droit français est attendue dans les prochains mois. Elle devrait conduire à lever l’interdiction de dépasser les huit millions d’habitants pour un même câblo-opérateur. Elle devrait faire bénéficier le câble des mêmes droits d’occupation du domaine public que les réseaux de télécommunications.
Le président du Sipperec, Jacques Poulet, a insisté sur la capacité des collectivités locales à mener, sur la durée, une politique d’aménagement numérique du territoire. Il a invité les opérateurs à trouver les formes juridiques, économiques et financières permettant des économies d’échelles, que ce soit pour le développement ou l’exploitation des réseaux. Il a aussi demandé aux pouvoirs publics d’agir rapidement sur trois points : - la suppression du seuil de huit millions d’habitants - l’examen approfondi des échecs de la TNT au Royaume-Uni et en Espagne avant de faire le pari de ce support, - le désengagement de France Telecom du câble
(Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 20/03/2003)