Le succès de Wikipédia, qui s'apprête à célébrer sa première décennie, souligne l'intérêt du public et des professionnels pour les logiciels libres.

Wikipédia, qui fêtera ses dix ans le 15 janvier, est devenu le cinquième site le plus populaire au monde, avec près de 410 millions de lecteurs mensuels - selon une étude de comScore, datée de novembre 2010. Pourquoi en parler ? Parce que cette popularité marque la montée en puissance, et surtout l'évolution, de l'open source ces dernières années. "L’open source est passé en dix ans d’un univers restreint aux aficionados et aux informaticiens à un espace qui concerne désormais la société, les individus, tout un chacun", explique à L’Atelier Alexandre Zapolsky, P-DG de Linagora.

Une professionnalisation du logiciel libre

"On le voit avec Wikipédia, mais aussi avec Firefox, dont le succès illustre la grande ouverture du périmètre du logiciel libre, sa marche en avant", développe-t-il. Pour le spécialiste, cela s'explique par une professionnalisation du logiciel libre. "En dix ans, le marché a connu un essor sans précédent", ajoute-t-il. Avant de rappeler que les langages de l’open source sont largement majoritaires, et la plupart des sites majeurs nés depuis les années 2000 se sont construits autour des logiciels libres. "Dans le monde des entreprises, on a eu une progression sur toutes les couches du système d’information, et des domaines comme les ressources humaines ou le CRMsont aujourd’hui directement concernés", relève-t-il.

Préserver une forme d’indépendance

Du point de vue des clients, l’usage de l’open source s’est développé pour faire face aux éditeurs de logiciels de plus en plus puissants. "Les clients cherchent à garder une certaine indépendance, et adopter en partie des solutions libres permet de diminuer légèrement le poids des grands fournisseurs", souligne Alexandre Zapolsky. Reste que la prééminence de quelques géants du Web, comme Google, fait porter un risque sur la continuité d’adoption de ces logiciels estime-t-il. "Par ailleurs, on a un peu perdu nos repères, nos valeurs", reconnaît le responsable. Et de plus en plus de logiciels "freemium", dont la base est libre, mais les modules sont payants, arrivent sur le marché.

Rédigé par Basile Segalen