L'engouement général pour les nouvelles technologies de communication s'expliquerait par le fait qu'elles répondent à des besoins biologiques. Les comprendre est d'ailleurs très utile pour les marketeurs.

L'usage des réseaux sociaux, un comportement instinctif ?

Au regard de l’usage d’Internet en général, et des réseaux sociaux en particulier, ces technologies seraient-elles universelles par essence ? C’est l’une des questions à laquelle Gad Saad, professeur de marketing à l’Ecole de gestion de John-Molson et titulaire de la chaire de recherche comportementale de l’université de Concordia, a souhaité répondre. Le chercheur vient en effet de publier un ouvrage traitant de l’influence de l’héritage darwinien sur l’ensemble des comportements humains. La naissance et la prolifération des sites de réseaux sociaux à l’échelle mondiale répondrait ainsi à un besoin universel de se sociabiliser et de se connecter les uns avec les autres, selon lui.

Des tendances globales

Pour en arriver à ces conclusions, le chercheur s’est basé sur les quatre grands facteurs de l’évolution de la théorie Darwinienne : la survie, la reproduction, la sélection de parentèle et l’altruisme. Gad Saad explique à L’Atelier que : "le nombre d’amis que les internautes ont sur Facebook est d’en moyenne, de 150. Et cela correspond au nombre de Dunbar". Soit le nombre d’amis moyen qu’une personne peut entretenir à un moment donné de sa vie. Ainsi, nos comportements et en particulier notre manière de consommer, répondent à des instincts biologiques. Le chercheur explique également que les professionnels de ces technologies savent exploiter les caractéristiques biologiques qui unissent les consommateurs dans ce qu’on appelle "le village interplanétaire".

Comprendre ces besoins pour mieux cibler

Ainsi, Internet serait ce village virtuel où le développement des moyens de communication et des nouvelles technologies répondrait de plus en plus à des motifs évolutionnistes sous-jacents qui touchent de la même manière, l’ensemble des hommes et des femmes du monde entier. Ce qui est intéressant c’est que cette théorie peut être développée dans d’autres domaines comme celui du marketing. A en croire le chercheur, les spécialistes savent très bien que les consommateurs ont des points communs universels. "Un grand nombre de décisions de consommation sont les vestiges de notre passé évolutif". Ainsi, selon Gad Saad "le penchant universel pour les aliments gras est une adaptation à un problème de survie récurrent : la rareté des aliments riches en calories et l’approvisionnement incertain auquel nos ancêtres étaient confrontés"