L'alliance de la médecine traditionnelle à celle nouvelle génération est sujette à débats notamment vis-à-vis de l'adoption des HIT et des EHR. Tandis qu'une partie des médecins se tournent vers ces nouvelles pratiques, d'autres semblent encore méfiants...

L'usage des technologies dans le domaine de la santé divise toujours le corps médical

L'utilisation de nouvelles technologies dans le secteur médical améliore la qualité des services : la majorité des médecins reconnaissent en effet que la prescription électronique est un gain de temps pour eux et permet une meilleure coordination des soins. Par conséquent, nombreux sont les médecins qui adoptent les technologies d'information de la santé (HIT pour health information technology), mais cette adoption est loin de se faire simplement. Elle soulève en effet de nombreuses questions et divise le corps médical. Pour quelles raisons ? C'est ce qu'a voulu expliquer le rapport « Physician adoption of health information technology » réalisé par Deloitte.

Une méfiance justifiée

Un grand nombre de médecins (57%) refusent d'utiliser des technologies mobiles de la santé (tablettes ou smartphones) à des fins cliniques. 44% d'entre eux, en effet, ne veulent pas utiliser d'appareils personnels, 29% se disent préoccupés par la vie privée des patients, et 26 % estiment que les applications et les programmes proposés ne conviennent pas aux besoins des médecins. De plus, de nombreux médecins sont sceptiques en ce qui concerne la valeur clinique de ces technologies et sont soucieux des coûts de mise en œuvre. Enfin, neuf médecins sur dix qui pratiquent en utilisant des dossiers électroniques de santé (EHR pour electronic health records) signalent les limites de ces procédés. D'après eux, ces systèmes ont une capacité limitée pour signaler d'autres produits que les patients peuvent prendre pour traiter un problème de santé. Ils ne prendraient en compte, entre autres, que de 66% des médicaments en vente libre, 58% des vitamines ou des minéraux, ou encore 28% des médicaments à base de plantes ou de suppléments.

Comment et pourquoi accélérer le rythme d'adoption des HIT ?

Pour que l'adoption de telles technologies soit plus rapide et visible, il faut que les assureurs locaux, les employeurs et les consommateurs choisissent portent leurs choix de fournisseurs vers ceux qui utilisent efficacement les HIT dans la coordination des soins médicaux et le réduction de la paperasserie administrative. Sans cela, les médecins peuvent rester lents à adopter ces technologies. Pourtant, les HIT ont du potentiel pour améliorer la sécurité et les résultats, ainsi que pour améliorer la précision des diagnostics médicaux et réduire les coûts administratifs, voilà pourquoi chaque jour de plus en plus de médecins se tournent vers elles (74% des médecins interrogés pensent que les EHR permettent une facturation plus rapide et plus précise pour les services, et 67% estiment que c'est un gain de temps). La tendance semble donc pencher en faveur des HIT, reste à savoir combien de temps mettront les médecins réfractaires à les adopter.

 

Rédigé par Kathleen Comte
Journaliste