Si le continent africain souffre d’un manque d’infrastructures, grandes sont les attentes concernant les usages mobiles. A cet égard, le standard USSD a été pris à bras le corps par les éditeurs pour engendrer toujours plus d’usages

L’utilisation de faibles bandes passantes développe les usages mobiles en Afrique.

L’importance du mobile en Afrique n’est plus matière à discussions. Dans une étude présentée  au dernier ForumOxford - Mobile Apps and Technologies Conference 2013, l’expert Rudy de Waele met en lumière les grands chantiers du mobile sur le continent. Il rappelle la disparité du taux de pénétration mobile selon les régions et que la 3G est désormais reçue dans 31 pays mais ne touche la population que de manière fragmentée. Si les parties nord et sud du continent sont équipées en moyenne à plus de 70%, la pointe est et l’Afrique subsaharienne accusent un retard important. La généralisation du protocole USSD pourrait toutefois changer la donne. Pour connecter le mobile, il n’a recours qu’à une faible bande passante et stocke les données sur un système de cloud computing. Un téléphone ordinaire peut ainsi envoyer et recevoir des informations, sans connexion, et permet l’usage de nombreuses fonctions.

Le standard USSD génère l’accès aux fonctions sociales et géolocalisées ainsi qu’au m-commerce

Même si les usages sont toujours dominés par les solutions de paiement et de transfert de monnaie, les populations africaines donnent la part belle aux services de messagerie ou de consommation de musique. Ce standard a inspiré les éditeurs d’applications qui y vont vu la parade pour répondre aux attentes engendrées par la technologie mobile. C’est le cas par exemple de biNu, une plateforme sociale interactive basée à Sydney et spécialisée dans les mobiles basiques (ne disposant pas de spécificités des smartphones). Pléthores d’acteurs de services de messagerie, de géolocalisation, de consommation de musique et même de jeux et de vidéos se sont lancés sur les marchés africains grâce à la généralisation du standard USSD. Conséquence directe, le marché mobile pour la seule région sud-africaine a atteint 14 milliards de dollars en 2010.

L’e-éducation en ligne de mire

Au-delà des applications commerciales, le mobile constitue également un enjeu éducatif primordial. En effet, même si les actions pour équiper les écoliers de tablettes numériques sont nombreuses, le téléphone portable est d’ores et déjà largement envisagé comme e-reader: 95,3% des sondés considèrerait qu’un téléphone pourrait servir de lecteur numérique. Doté d’une prise en main spontanée, d’un caractère ludique et surtout accessible au plus grand nombre, le mobile pourrait participer à répandre à grande échelle l’alphabétisation dans une population jeune et toujours plus importante.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste