Les objets connectés suivent un phénomène de croissance qui prend de l’ampleur et une interopérabilité entre startups et grands groupes est préconisée.

"La souplesse de la startup, alliée à un grand opérateur est une clé du succès pour l’industrie des objets connectés"

Dans le cadre de notre enquête sur les objets connectés du quotidien, L’Atelier a rencontré Anne-Sophie Bordry, présidente du think tank "Objets Connectés & Intelligents" de France.

L’Atelier : Pouvez-vous présenter le think tank Objets Connectés et Intelligents de France?

Anne-Sophie Bordry : C’est une structure mise en place depuis un an. L’idée est qu’après la révolution des réseaux sociaux, c’est la révolution des objets connectés qui s’annonce. L’objectif est donc de réunir tous les métiers concernés par les objets connectés : des ingénieurs, designers, fonds d’investissement, etc. Comme nous nous situons dans un domaine d’innovation en perpétuel changement, nous réunissons des experts pour poser les bonnes questions et apprendre les uns des autres. Nous souhaitons vraiment accompagner les réflexions des différents acteurs dans ce domaine et soutenir leur potentiel de croissance.

Comment décrire la situation de l’Internet des Objets à l’heure actuelle ?

Il faut retenir que c’est une progression exponentielle. Nous nous dirigeons vers un environnement tout connecté qui va au-delà du simple smartphone et qui va connecter les objets physiques. Après, il faut faire la distinction entre les objets connectés et intelligents. Un objet peut mesurer son état d’usure et de consommation, et la connectivité permettra d’améliorer l’objet lui-même. Ou bien il  pourra être connecté et envoyer des informations à l’utilisateur.

Dernièrement, nous nous sommes réunis avec le Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective  ou CGSP (ndlr : administration gouvernementale qui fonctionne comme un lieu d’échanges et de concertations sur le développement économique, social, culturel et environnemental), et nous avons soulevé la question du standard dans un cadre prospectif. Si chaque société crée son objet connecté, nous assisterons potentiellement à un phénomène de "gadgetisation". L’objectif est donc de coordonner ce mouvement autour d’un standard unique. Cette notion est importante et n’est pas du tout évoquée aujourd’hui.

Comment ce mouvement va-t-il évoluer, et quel sera l’impact sur les business models ?

Quand tous les objets pourront parler entre eux et parler à l’utilisateur, là nous serons complètement dans la révolution des objets connectés. Il est nécessaire de se poser les bonnes questions : y aura-t-il un leader Internet suffisamment puissant qui n’aura rien à voir avec l’industrie classique, ou au contraire, cette dernière réussira-t-elle à implémenter dans son échelle de production tous les éléments nécessaires au développement d’un objet connecté afin de répondre à un usage ?

Les grands industriels classiques ont un rôle à jouer pour l’économie en France et doivent s’ouvrir à une Recherche & Développement en intégrant des objets connectés produits par des startups qui ont plus de créativité et de culot. Pour qu’une startup fonctionne, il faut qu’elle ait une universalité d’usage donc un "plug & play" facile, qu’elle soit accessible facilement en terme de logistique et qu’elle soit inter-opérable. La souplesse de la startup, alliée à un grand opérateur est une clé du succès pour l’industrie des objets connectés.

Retrouvez l'enquête de L'Atelier Objets connectés du quotidien: le rôle des fabricants encore à définir.

 
Rédigé par Eliane HONG
Journaliste